Plusieurs dépôts du premier transporteur routier français Géodis, sont en grève jeudi, à l'appel de la CFDT.

C’est déjà le cas depuis plusieurs jours à Nantes et les appels à cesser le travail chez cette filiale de la SNCF commencent, ce matin, à Clermont-Ferrand, à Lillebonne dans le nord et à Oissel en Haute-Normandie. Les salariés dénoncent la multiplication des licenciements.

L’erreur d’un chauffeur, à Nantes

Le mouvement démarre à Nantes avec l'erreur d'un chauffeur. Le 15 octobre, il livre la mauvaise remorque à un magasin de bricolage de Niort. Le temps de rectifier, le bon chargement arrive avec 5 heures de retard. La suite c'est lui, Jérémie, qui la raconte à Marion L’hour, journaliste au service Economie de France Inter :

Il y a trois semaines, j’ai reçu une lettre recommandée. C’est-à-dire on m’a appris le vendredi, verbalement, ‘vous êtes licencié ‘, je reçois la lettre recommandée le samedi matin. J’ai été surpris de cette sanction, pour moi démesurée, puisque en huit ans dans l’entreprise, je n’ai jamais eu de blâme (…) ».

Pour ce salarié et la Cfdt, cette sanction serait en fait le fruit du dumping social européen . De quoi mettre les salariés de Géodis en grève dans plusieurs dépôts en France.

La lettre de licenciement reçu par le salarié de Géodis
La lettre de licenciement reçu par le salarié de Géodis © Radio France

Une stratégie pour faire partir les « vieux » salariés

Selon le délégué Cfdt à Nantes, la direction pousserait les anciens au départ, pour les remplacer par des travailleurs à bas coût :

Là, en ce moment, il y a des licenciements économiques dans l’entreprise. On va se séparer de quatre chauffeurs, par exemple. Et on a rembauché dernièrement un sous-traitant tchèque. Donc on se débarrasse d’un côté et on met des gens avec des contrats beaucoup plus précaires. Ils travaillent dans des conditions catastrophiques. Ils peuvent être bloqués trois ou quatre jours dans un endroit, sans eau, sans rien » dénonce Denis Chotard.

Le transporteur Géodis dément toute stratégie et évoque la mauvaise conjoncture. Mais le manque de régulation sociale dans les transports est un vrai problème. Il sera d'ailleurs ce jeudi au menu du conseil des ministres à Bruxelles.

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