Arianespace peut souffler pour l'instant. Une fusée Falcon 9 a explosé sur son pas de tir jeudi en Floride. Aucun blessé à déplorer sauf, peut-être, le business plan de SpaceX.

Un lanceur Falcon 9 de SpaceX a explosé sur le pas de tir duKennedy Space Center Floride lors d'un test de moteurs sans faire de blessé.
Un lanceur Falcon 9 de SpaceX a explosé sur le pas de tir duKennedy Space Center Floride lors d'un test de moteurs sans faire de blessé. © Reuters / NASA

« L’Amérique n’aurait jamais été colonisée si les navires n’avaient pas été réutilisables », rappelle Elon Musk. Fort de ce constat, le milliardaire, fondateur en 2008 de SpaceX, justifie l’activité un peu folle de son entreprise : envoyer des fusées chargées dans l’espace et récupérer une bonne partie du lanceur.

L’Amérique n’aurait jamais été colonisée si les navires n’avaient pas été réutilisables

Depuis que les navettes spatiales (américaines) goûtent une retraite bien méritée, l’industrie consent à laisser dans l’espace, en même temps que les satellites qu’elle transporte en orbite (notamment), l’essentiel de ses lanceurs. Et si cela a un coût (pour chaque vol, il faut tout reconstruire), les Ariane, Proton ou Longue Marche ne semblent pas pressés de changer de modèle.

Réduire les coûts

La promesse de SpaceX, validée techniquement par quatre vols aller-retour réussis, c’est de limiter les coûts du transport spatial. Ce qui implique de récupérer le plus souvent possible tout ou partie de ses lanceurs, mais aussi de pouvoir recycler les pièces de retour sur Terre. Ce qui n’a rien d’évident.

L’expérience des navettes spatiales américaines a montré que la remise en condition d’un lanceur n’est pas anodine. Il a fallu réparer ou remplacer des morceaux de fuselage ou des éléments de motorisation, notamment, dans le meilleur des cas. Lorsqu’il a été mis un terme au programme, en juillet 2011, après 135 vols, le constat était amer : à raison de 500 millions de dollars par lancement (un tir d’Ariane 5 coûte aujourd’hui 220 millions d’euros), jamais la Nasa n’est parvenue à trouver un équilibre commercial.

Pour tirer les coûts à la baisse, les challengers misent sur la production en série : des lanceurs éprouvés, aux coûts maîtrisés, réutilisables, pour couvrir les besoins de transport de satellites commerciaux ou du tourisme spatial. Ils s’appellent SpaceX, BlueOrigin (Jeff Bezos, fondateur d’Amazon) ou, à la marge, Virgin Galactic (Richard Branson, Virgin).

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