Le numéro un mondial de la musique en streaming Spotify a réussi mardi son entrée en bourse à New York, malgré un recul de 10 % de la valeur de son action à la clôture du marché.

L'entrée en bourse de Spotify permet au géant du streaming de ne pas lever de nouveaux capitaux.
L'entrée en bourse de Spotify permet au géant du streaming de ne pas lever de nouveaux capitaux. © AFP / Bryan R. Smith

Pari réussi pour l'entrée en bourse du géant de la musique en streaming Spotify. Ce mardi à New York, l'action "SPOT" se valorisait à 149,01 dollars. Un montant en recul de 10,18 % par rapport à son prix d'introduction (165,90 dollars) mais supérieur tout de même au prix de référence fixé par le New York Stock Exchange lundi, de 132 dollars l'action, un prix indicatif permettant de situer l'action une fois sa cotation stabilisée.

La chute est élevée mais le prix d'introduction valorisait la société à 29,5 milliards de dollars. Avec le cours de clôture, celle-ci est de 26,5 milliards de dollars.  

"C'est incontestablement un succès pour le moment", a commenté Tom Cahill de Ventura Wealth Management, d'autant plus que Spotify est la première plateforme de streaming à aller aussi loin et avait, pour ce faire, adopté une procédure simplifiée atypique : la cotation directe. Moins coûteuse car dépourvue d'intermédiaires, la procédure est aussi plus imprévisible car le prix des titres n'est pas fixé à l'avance. 

Elle permet en outre à la société qui revendique 71 millions d'abonnés payants et 159 millions d'utilisateurs actifs fin 2017 de ne pas lever de nouveaux capitaux.

Un numéro 1 prédominant mais sans bénéfices

"Visiblement il y a bien plus d'acheteurs que de vendeurs de titres Spotify", a noté Tom Cahill, le prix étant déterminé par une comparaison entre l'offre et la demande de titres. 

Malgré le boom de l'écoute musicale en ligne, le groupe qui a révolutionné ce marché n'a jamais engrangé le moindre bénéfice. Mais il jouit d'une confortable avance sur ses concurrents, Apple Music, numéro deux avec moitié moins d'abonnés, ou encore Google Music, Tidal, Deezer ou Amazon.

Pour son patron Daniel Ek, l'entrée en Bourse n'est qu'une étape : "Bien sûr, je suis fier de ce que nous avons construit en dix ans. Mais, pour moi, ce qui est encore plus important, c'est que demain (mardi) ne devienne pas le jour le plus important pour Spotify", a-t-il écrit lundi dans un message aux salariés publié sur le site du groupe. 

L'opération a été réalisée sans paillettes. Ek n'est pas venu se faire interviewer mardi à Wall Street ni sonner la cloche qui ouvre la séance boursière, dérogeant ainsi à la tradition qui veut que les impétrants soient présents le jour de leur première cotation. 

Les valeurs technologiques à la peine

Cette entrée en bourse intervient alors que les valeurs technologiques mordent la poussière ces derniers temps, en particulier depuis le scandale Facebook/Cambridge Analytica autour de l'utilisation de données personnelles d'abonnés. 

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, se reprenait toutefois un peu mardi après avoir perdu 2,74 % la veille et porté son repli à près de 10% depuis son dernier record le 12 mars. 

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