Invité d’Alexandra Bensaid dans "On n’arrête pas l’éco", le PDG d’Orange a largement évoqué le déploiement, souhaité par les entreprises du domaine et par le gouvernement notamment, de la 5G en France... Il estime que l’opposition à ce déploiement ne tient pas face aux faits.

Stéphane Richard dans les studios de France Inter le 19 septembre 2020
Stéphane Richard dans les studios de France Inter le 19 septembre 2020 © Radio France

Orange va-t-elle proposer des offres 5G d’ici la fin de l’année en France ? "Si on peut le faire, oui", assure Stéphane Richard sur France Inter. "Parce qu’on a besoin de la 5G, parce que la 5G est utile à la société. Elle va permettre de mieux maîtriser l‘empreinte énergétique de nos réseaux. Il y a des gens qui en ont peur, mais il y a beaucoup de gens qui l’attendent aussi ! Exemple : les médecins dans les campagnes, parce que la 5G va permettre d’accélérer les consultations à distance."

Pour lui, cette transition est nécessaire parce que les connexions actuelles vont se dégrader. "Aujourd’hui, on a des réseaux 4G qui fonctionnent bien, on l’a vu pendant le confinement. Mais ils arrivent à saturation, d’ici un à deux ans dans les villes notamment. Je ne suis pas certain que la majorité de nos concitoyens vont aimer le fait de ne plus pouvoir se servir de leurs téléphones comme ils le font aujourd’hui. Pour répondre à cette question de capacité, on a aussi besoin de la 5G."

Craint-il une "guérilla anti-5G" ? "Moi je mise sur l’objectivité, sur la raison, sur le bon sens. Je constate que, certes il y a des gens qui en ont peur, des gens qui se demandent si on a besoin, mais il y a aussi beaucoup de gens qui l’attendent. C’est loin d’être une tendance majoritaire de mettre en cause le bien-fondé de cette technologie."

"Les écolos californiens ou scandinaves aiment la 5G"

Pour le PDG d’Orange, cette tendance est même à rebours des autres militants écologistes dans le monde. "Moi je suis frappé de voir que dans la plupart des pays ou des régions qui sont les plus avancés en matière de conscience et de politique environnementales, il n’y a pas de débat sur la 5G", s’étonne-t-il. "La Californie, tous les pays de l’Europe du Nord (Norvège, Danemark, Suède), ont adopté la 5G... C’est un problème francophone : quand on regarde la carte, il y a des foyers de contestation en Belgique, en Suisse et en France. Quand on dit 'les écolos n’aiment pas la 5G', c’est pas vrai : les écolos californiens ou scandinaves aiment la 5G, ce sont certains écolos français qui ont un problème avec la 5G ! Parlons-en, mettons-les autour de la table, et apportons des réponses."

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Pas question pour lui de caricaturer ceux qui questionnent ce déploiement de supporters du "modèle amish", selon l’expression d’Emmanuel Macron. "Moi je ne suis pas dans ce registre-là, ce n’est pas mon métier", assure Stéphane Richard. "J’essaie de mettre des faits sur la table. Il y a quelques grandes questions qui se posent sur la 5G. Le risque sanitaire, l’exposition aux ondes : le gouvernement a apporté un certain nombre de réponses, il y a 20.000 études dans le monde qui ont été faites depuis 20 ans sur les dangers de l’exposition aux ondes électromagnétiques, et il n‘y en a pas une seule qui a mis en évidence le moindre avéré à ce sujet."

C’est vrai pour les fréquences actuelles, mais pas pour d’autres types de fréquences utilisables par la 5G, les ondes millimétriques, sur lesquelles on en sait beaucoup moins. Mais le PDG d’Orange assure qu'aujourd’hui, "on ne fait pas les ondes millimétriques ! Moi je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il ne faut pas se précipiter pour les utiliser, et attendre qu’il y ait des travaux qui soient faits. Mais ce n’est pas le sujet maintenant, ces ondes on n’en aura pas besoin et on ne les utilisera pas avant plusieurs années. Bien sûr qu’il faut que l’Anses travaille dessus, il y a zéro polémique là-dessus !"