Bruno Le Maire se rend à Rome ce mardi après-midi pour proposer à l'Italie d'élargir les discussions concernant le dossier STX France à une coopération militaire

Bruno Le Maire va tenter de faire de l'affaire STX un accord de coopération militaire
Bruno Le Maire va tenter de faire de l'affaire STX un accord de coopération militaire © AFP / Loïc Venance

Le ministre de l'Economie va rencontrer ce mardi le ministre italien de l'Economie Pier Carlo Padoa et celui des Finances et celui du Développement économique Carlo Calenda pour parler du chantier naval STX de Saint-Nazaire. Le rendez-vous est prévu à 17H30.

Des tractations compliquées car, pour tenter de convaincre les italiens de Fincantieri de se contenter d'une participation à 50/50, alors qu'ils voulaient être majoritaires, le gouvernement français est allé jusqu'à nationaliser les chantiers navals STX France pour "défendre les intérêts stratégiques de la France", a assuré le ministre de l'Économie Bruno Le Maire. A Rome, cet ultimatum a été accueilli avec d’autant plus de déplaisir, que ce n'était pas l'accord initial.

A quelques heures du rendez-vous, l'Italie a de nouveau rejeté les conditions françaises par la voix de Pier Carlo Padoan :

Fincantieri doit avoir au minimum plus de 50%, vu que les Coréens avaient les deux tiers du capital de STX France.

Le France va proposer à l'Italie d'élargir les négociations à une coopération militaire, pour bâtir, a déclaré Bruno Le Maire dimanche dans les colonnes du JDD, un champion de l'industrie navale européenne. Une alliance militaire qui ressemble à une amorce de l'Europe de la Défense, dans le naval.

Renforcer la coopération dans le domaine militaire et naval avec l'Italie, ce n'est pas un sujet nouveau

Pourquoi se livrer à cette concurrence, quand on construit les mêmes gammes de navires de surface, frégates ou corvettes et qu'on pourrait s'allier et conquérir des marchés ? Une première tentative a déjà eu lieu entre la France et l'Italie, pour construire justement des frégates, alliance jugée trop complexe. D'autant qu'en Italie il n'y a qu'un seul acteur dans la construction navale, militaire et civile : Fincantieri. En France il y en a deux : STX majoritairement pour le civil, et naval Group, nos anciens arsenaux, pour le militaire.

La construction militaire est aujourd'hui marginale pour STX France. Les derniers navires sortis de Saint-Nazaire, ce sont les deux fameux porte-hélicoptères russes qui ont finalement fini en Egypte. Mais les chantiers sont aujourd'hui les seuls à pouvoir construire porte-avion, porte-hélicoptère ou grands bâtiments de logistique. Ils ont pour ça l'outil industriel, humain, et le savoir-faire.

Encore faut-il bâtir un vrai projet industriel entre Fincantieri, STX France et sans doute Naval Group. Complexe mais pas impossible.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.