Lancée en février dernier, cette plateforme avait suscité de vives réactions en proposant aux 15-25 ans de vendre leurs données aux annonceurs contre un peu d'argent ou des bons d'achat. La Commission nationale de l’informatique et des libertés a finalement autorisé TaData à poursuivre son activité.

Le site de cette plateforme vend le procédé comme un moyen de "reprendre la main sur ses données personnelles"
Le site de cette plateforme vend le procédé comme un moyen de "reprendre la main sur ses données personnelles" © Capture d'écran

Le principe est simple. En s’inscrivant sur la plateforme TaData, les jeunes utilisateurs peuvent remplir des questionnaires sur leurs études, leurs loisirs ou leurs habitudes de consommation. Mais surtout, ils acceptent que ces informations soient transmises à des annonceurs en échange de quelques euros ou de bons d’achat. 

"De l’argent de poche" 

"Les données sont vendues uniquement sur la base du volontariat", précise Alexandre Vanadia, le co-fondateur de l’application qui cible les 15-25 ans : "On veut faire prendre conscience aux jeunes que, quand ils vont sur les réseaux sociaux, sur Internet, ce n’est pas gratuit. Aujourd’hui, nos données personnelles sont volées et exploitées à des fins commerciales, souvent sans notre consentement. Nous voulons permettre aux internautes de récupérer une partie de cette valeur."

Lorsque son profil intéresse un ou plusieurs annonceurs et que ses données lui sont communiquées, l’utilisateur de TaData touche de l’argent, directement crédité sur l’application. "C’est un service vertueux", estime Alexandre Vanadia, "ça permet aux jeunes de se faire un peu d’argent de poche". La plateforme affirme avoir déjà versé plus de 30 000 euros à ses membres depuis février

Des données inaliénables ?

Les données personnelles devraient rester "inaliénables", estime au contraire Nicolas Chagny, le président de l’Internet Society France. Dès le lancement de TaData, cette association de défense des internautes avait alerté la Commission de l’informatique et des libertés : "Les données sont des extensions de soi qui doivent être extrêmement protégées et qui ne devraient pas être monétisables". Selon Nicolas Chagny, ce genre d’application risque de creuser le fossé entre les "riches qui pourront protéger leur vie privée" et les plus précaires "qui vendront leurs données pour gagner un peu d’argent ". 

Après avoir mené son enquête, la Cnil a finalement jugé que TaData n’était pas en infraction avec le règlement européen sur la protection des données. Aujourd’hui, la plateforme compte près de 3 500 utilisateurs. Elle espère en attirer plus de 30 000 dans les prochains mois.