la cour des comptes épingle les relations entre état et sociétés d'autoroutes.
la cour des comptes épingle les relations entre état et sociétés d'autoroutes. © reuters

La ministre de l’Ecologie et des Transports veut un gel des tarifs autoroutiers en 2015. Les concessionnaires recadrent : ils disent n'avoir "aucune marge de manœuvre" dans l'application des lois tarifaires. A quelques heures de la remise d'un rapport parlementaire demain, mercredi, sur ce dossier brûlant, le gouvernement à jeté un peu plus d'huile sur le feu. Apres avoir voulu taxer les profits des sociétés concessionnaires et proposé la gratuité le week-end, Ségolène Royal a dit ce mardi souhaiter un gel des péages autoroutiers en 2015. Alors qu'une hausse de 0,57% est prévue au 1er février dans le cadre des augmentations annuelles programmées dans les contrats de concession, la ministre en charge des Transports y est opposée.

La riposte des sociétés d'autoroutes

Une sortie qui n'a pas manqué de faire réagir les sociétés d'autoroutes. Dans un communiqué intitulé "mise au point"(PDF), l'Association des sociétés françaises d'autoroutes (Asfa) rappelle n'avoir "aucune marge de manoeuvre" dans l'application des lois tarifaires qui fixent les augmentations annuelles des péages, et précise :

Les sociétés concessionnaires n'ont aucune marge de manoeuvre pour l'application de ces lois tarifaires; l'État fixe en février de chaque année, en fonction de l'inflation constatée d'octobre à octobre, les tarifs, par arrêté conjoint du Ministre des Finances et du Ministre de l'Écologie

L'Afsa souligne également que "l'application stricte des contrats de concession n'a jamais subi aucune entorse depuis l'origine des concessions autoroutières dans les années 60".

Vers une résiliation des concessions?

Ségolène Royal a par ailleurs précisé qu'elle "n'écart(ait) pas l'hypothèse d'une résiliation des contrats de concession", dans la continuité des déclarations du Premier ministre la semaine dernière. A l'Assemblée, Manuel Valls avait dit souhaiter une "remise à plat totale" pour obtenir un "rééquilibrage" des relations entre sociétés autoroutières et l'Etat, et affirmant "qu'aucune solution" ne devait être exclue.

Tarifs autoroutiers : nouvelle brouille entre le gouvernement et les concessionnaires
Tarifs autoroutiers : nouvelle brouille entre le gouvernement et les concessionnaires © Radio France

Des contrats très critiqués depuis le rapport de l'Autorité de la concurrence. Il y a deux mois, elle révélait une rentabilité de 20% ou plus, sur fond de prix des péages augmentant plus vite que l'inflation depuis la privatisation. Une rentabilité exceptionnelle que rien ne justifie estimait-elle.

Les concessionnaires font valoir de leur côté que leur rentabilité réelle est bien inférieure, car elle doit se calculer sur l'ensemble de la durée des concessions, soit environ 30 ans, et non d'année en année. Hier encore, le président de Vinci Autoroutes, Pierre Coppey, a assuré qu'il n'y avait "pas de magot des sociétés d'autoroutes", et demandé "d'arrêter les fantasmes et d'arrêter de faire dire n'importe quoi aux chiffres".

Les parlementaires en pointe sur le dossier

Les déclarations de Ségolène Royal et la réplique des concessionnaires surviennent la veille de deux rendez-vous parlementaires liés aux autoroutes ce mercredi. La remise du rapport de la mission parlementaire est attendue dans la matinée à l'Assemblée nationale, et au Sénat, tandis que le groupe de travail sur les sociétés autoroutières doit présenter ses conclusions dans l'après-midi.

De leur côté, les sociétés ont aussi souligné qu'elles avaient "formulé des propositions au gouvernement" au sujet des contrats de concession, et "attendent le retour" des pouvoirs publics.

Tarifs autoroutiers : Ségolène Royal veut un gel des tarifs en 2015
Tarifs autoroutiers : Ségolène Royal veut un gel des tarifs en 2015 © Radio France
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