Alors que le gouvernement a annoncé une baisse de 30% des impôts locaux pour une partie des contribuables, les habitants de nombreuses villes ont eu la surprise de découvrir des taux d'impôt en hausse. Edouard Philippe et les membres de l'exécutif pointent la responsabilité des collectivités.

La taxe d'habitation arrive progressivement chez les contribuables français
La taxe d'habitation arrive progressivement chez les contribuables français © AFP / Philippe Huguen

"Notre politique est de baisser les impôts, nous le faisons. Chacun peut le constater. Et nous baissons la taxe d'habitation des Français les plus modestes" : ce vendredi matin, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a réaffirmé dans une interview au Figaro la ligne du gouvernement sur les impôts locaux.

Et pourtant, depuis quelques jours les avis de taxe d'habitation arrivent dans les boîtes aux lettres, et de nombreux Français ont été surpris de découvrir que leur taxe n'avait pas baissé de 30% comme cela avait été promis par le gouvernement. La promesse d'Emmanuel Macron était en effet de supprimer la taxe d'habitation d'ici 2020 pour 80% des ménages, en trois temps, à raison d'une baisse d'un tiers par an. 

Le gouvernement et les collectivités se renvoient la balle

Toujours selon le Figaro, ce sont quelque 6 000 communes, soit plus d'une ville sur six, qui ont finalement augmenté leur taxe d'habitation. Car rien n'empêche les communes d'augmenter leur taux d'imposition. "La ville de Sceaux a augmenté de 8% sa taxe d'habitation", a par exemple souligné le ministre, pointant du doigt le fait que ce que rapportera cette mesure (un million d'euros de recettes fiscales) représente "dix fois plus" que la baisse des dotations de l'Etat. Jeudi, le Premier ministre Edouard Philippe avait déjà rejeté la faute sur les communes : 

La taxe d'habitation a effectivement a effectivement baissé pour 80% des contribuables sauf lorsque des communes, informées de ce que la mesure s'accompagnait d'un dégrèvement, ont choisi, librement sans doute, de remonter leur taux. 

Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l'Association des maires de France, conteste l'accusation de Gérald Darmanin, disant que les recettes supplémentaires suffiront à peine à couvrir la moitié de la baisse des dotations. "Le gouvernement veut faire porter la casquette aux communes lorsque la baisse annoncée n'est pas au rendez-vous", ajoute-t-il dans Le Parisien, affirmant que les maires avaient alerté sur la non-faisabilité d'une telle mesure :

"Nous avions dit à Emmanuel Macron, quand il était candidat, que cette promesse n'était pas tenable. Il a voulu la faire quand même, maintenant c'est son problème"

Parmi les plus mauvaises élèves, Maizières-les-Metz en Moselle (+18,02%) ou Étampes dans l'Essonne (+12,99%). 

Les communes de plus de 10 000 habitants ou la taxe d'habitation augmente
Les communes de plus de 10 000 habitants ou la taxe d'habitation augmente © Visactu

Sur les réseaux sociaux, de nombreux Français ont pointé du doigt leurs hausses respectives d'impôts, avec notamment le hashtag #Balancetonmaire. A deux ans des élections municipales, plusieurs maires ont noté être conscients de l'impopularité de la mesure mais affirment ne pas avoir d'autre choix. 

Ce qu’évidemment les maires et beaucoup d'élus n'ont pas apprécié, dénonçant même une opération politique.

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