thierry lepaon prône d'emblée une journée d'action pour la cgt
thierry lepaon prône d'emblée une journée d'action pour la cgt © reuters

TOULOUSE (Reuters) - Au premier jour du congrès qui le verra prendre la tête de la CGT, Thierry Lepaon a proposé lundi une nouvelle journée d'action contre l'accord sur l'emploi dans la semaine du 2 au 5 avril, alors que sera discuté ce projet à l'Assemblée nationale.

Cette mobilisation se traduira par des rassemblements devant l'Assemblée nationale et en province, a dit le futur successeur de Bernard Thibault dans son discours d'ouverture du 50e congrès du syndicat, à Toulouse.

Le 5 mars, des dizaines de milliers de manifestants étaient descendus dans la rue à l'appel des syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires, qui n'ont cependant pas mobilisé autant qu'ils l'espéraient contre la réforme du marché du travail.

Mais selon Thierry Lepaon, cette journée était "un point d'appui pour la suite" et le débat parlementaire ne peut s'ouvrir le 2 avril "sans l'intervention des salariés."

Le 5 mars, la CGT s'était réconciliée avec Force ouvrière pour faire front contre ce texte signé par les organisations patronales et trois autres syndicats -CFDT, CFTC et CGC.

Le congrès de la CGT se tient dans un contexte de crise sociale et de tensions pour la confédération à la fois avec une autre grande centrale, la CFDT et le gouvernement de gauche.

Le syndicat, qui avait appelé à battre Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012 pour un "changement de politique", reproche à l'exécutif de s'engager dans une politique d'austérité.

Refus des politiques de rigueur, rejet de la flexibilité du travail, dénonciation de la réforme des retraites et des accords sur la compétitivité des entreprises: dans son discours d'ouverture, Thierry Lepaon, a planté le décor des trois ans à venir pour le premier syndicat français.

Pendant quatorze ans, Bernard Thibault s'est efforcé de donner un tour moins contestataire à la CGT et de montrer que si elle pouvait s'opposer, elle était aussi capable de négocier.

NON A LA FLEXIBILITÉ

Une ligne que Thierry Lepaon a défendue lundi. "L'originalité de la CGT, c'est d'articuler en permanence contestation, proposition, proposition, consultation, mobilisation, négociation", a-t-il expliqué à la tribune.

Pour le futur dirigeant, l'enjeu se situe dans l'ouverture à tous les publics. "Nous avons l'ambition que notre CGT soit utile, accessible, solidaire pour les salariés, les privés d'emploi, disponible pour les retraités", a-t-il dit.

Visant notamment le gouvernement, Thierry Lepaon a dénoncé "ce choix de la rigueur et de l'austérité qui obère durablement les chances d'une reprise de la croissance".

"Les gouvernements Hollande et Sarkozy partagent la même obsession: l'abaissement du coût du travail et la flexibilité comme réponse aux problèmes économiques de l'entreprise", a-t-il estimé.

"En l'espace de cinq ans, 347.000 emplois ont été détruits", a ajouté le syndicaliste, expliquant qu'il y avait "urgence à apporter des réponses différentes de celles qui ont été mises en œuvre jusqu'à présent".

Le futur dirigeant, qui sera intronisé jeudi par les délégués, a rappelé les revendications de la CGT : augmenter les salaires en portant le salaire minimum à 1.700 euros et mettre sur la table le projet de sécurité sociale professionnelle.

Concernant les retraites, la centrale défend un niveau de pensions qui "doit être a minima de 75% du salaire d'activité, avec un âge d'ouverture des droits dès 60 ans, voire inférieur pour ceux qui ont été exposés à la pénibilité".

Guillaume Serriès, édité par Gérard Bon

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