Face aux difficultés économiques liées à la crise Covid, environ 15.000 salariés du groupe en région parisienne vont passer à la semaine de quatre jours, le vendredi devenant un jour de chômage partiel.

Environ 15.000 salariés, ingénieurs et du secteur tertiaire, vont se retrouver au chômage partiel chaque vendredi jusqu'à mi-août.
Environ 15.000 salariés, ingénieurs et du secteur tertiaire, vont se retrouver au chômage partiel chaque vendredi jusqu'à mi-août. © Radio France / Stéphanie Berlu

C'est un signe supplémentaire de l'effet de la crise Covid sur l'industrie automobile française. Renault prolonge et renforce le chômage partiel pour une partie de ses salariés. Selon les syndicats, environ 15.000 d'entre eux vont passer à la semaine de quatre jours "forcée" : le vendredi sera désormais un jour de chômage partiel, jusqu'à la mi-août. Un moyen pour Renault de faire quelques économies, après ses pertes records de 8 milliards d'euros enregistrées en 2020.

Les ingénieurs et le tertiaire concernés

La mesure ne concerne pas la production, autrement dit les salariés qui travaillent dans les usines. Sont concernés la totalité des ingénieurs et du secteur tertiaire, les employés qui travaillent dans les bureaux au siège du groupe à Boulogne-Billancourt, ainsi que sur trois autres sites de région parisienne que sont Guyancourt, Lardy et Villiers-Saint-Frédéric.

Si l'État ne prend en charge le chômage partiel qu'à hauteur de 84% du salaire net, aucune perte de salaire n'est à prévoir pour les salariés concernés chez Renault : un accord signé au début de la crise sanitaire par la majorité des syndicats (FO, CFDT, CFE-CGC, sans la CGT et Sud) a permis la création d'un fonds de solidarité chez Renault, maintenant 100% des revenus pour les salariés concernés par le chômage partiel. En contrepartie, chaque salarié donne un jour de congé ou de RTT pour 5 jours d'activité partielle.

Faire des économies

La direction de Renault explique que cette décisions s'inscrit dans la continuité de la mise en place du chômage partiel depuis mars 2020 et qu'il s'agit d'un simple renforcement. Beaucoup de salariés étaient déjà concernés par cette semaine de 4 jours "forcée", environ la moitié des 15.000 selon une source syndicale.

Mais c'est bien un signe que le constructeur veut faire des économies, après ses pertes records liées à la crise du coronavirus. Un plan d'économies est d'ailleurs à l'œuvre depuis l'arrivée de Luca de Meo en tant que directeur général, prévoyant la suppression de 15.000 postes dans le monde dont 2.500 en France, principalement d'ailleurs chez les ingénieurs et dans le tertiaire. D'autant que l'année commence mal dans le secteur automobile, avec la pénurie mondiale de semi-conducteurs, nécessaires à la fabrication de puces présentes dans les véhicules. Une mésaventure qui oblige Renault à ralentir la cadence sur les chaines de production, comme les autres constructeurs, et qui pourrait l'empêcher de vendre des dizaines de milliers de voitures dans les premiers mois de 2021.

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