C'est inédit : cet été, parmi les 30 millions de Français qui prendront des vacances, un tiers quitteront la France. Parmi les facteurs d'explication, la météo exécrable et les grèves ont sans doute guidé leur choix. Faut-il s'attendre à une saison calme dans l'Hexagone ? Pas vraiment, parce les étrangers seront là.

Parmi les destinations privilégiées de Français hors de nos frontières, la péninsule ibérique représente 30 % des séjours.
Parmi les destinations privilégiées de Français hors de nos frontières, la péninsule ibérique représente 30 % des séjours. © AFP / MICHAEL KAPPELER / DPA

En 2016, ils étaient 25% à s’évader hors de nos frontières en été. L’année suivante, le chiffre grimpait à 29%. Et en 2018, estime le cabinet Protourisme, qui a interrogé 3 000 Français sur leurs projets de vacances estivales, un tiers des répondants signalent leur intention de quitter le territoire en juillet ou en août.

Sur les 30,6 millions de personnes qui prendront des vacances cet été, soit 45 % de la population française, cela représente tout de même une grosse dizaine de millions de personnes. Et pour Didier Arino, le patron de Protourisme, c’est une situation inédite :

C’est du jamais-vu, parce que les belles années, jusqu’ici, c’était 31 %.

Comment expliquer cet engouement croissant pour les voyages à l’étranger ?

D’abord, explique le spécialiste, qui constate une très forte accélération des réservations ces derniers mois, on peut y lire l’impact des grèves et de la (mauvaise) météo dans l’Hexagone. Pour pallier ces désagréments, les Français auraient choisi de réserver ailleurs.

Et le secteur les y a aidés. Les professionnels ont en effet dépassé les années de crise et se sont repositionnés, précise Didier Arino. Ils sont désormais en mesure de proposer de nouveaux services, de nouvelles destinations (Colombie, Japon, Birmanie par exemple).

Envies d'ailleurs

Enfin, "le tourisme étant un secteur cyclique, après avoir pris le temps de découvrir la France ces dernières années, _les Français ont sans doute des envies d’ailleurs_". CQFD.

Reste que, parmi ceux qui prévoient de partir cet été, 1 vacancier sur 4 n’a pas encore réservé. Les résultats de l’équipe de France de football pourraient accélérer le mouvement : en cas de défaite en quart de finale ou en demi-finale, les supporters déçus pourraient se précipiter sur les sites de réservation. La météo pourrait aussi les inciter à rester en France, au soleil ou au frais.

A ce stade, "la saison n’est pas jouée".

Mais même si les Français se réfugient hors de nos frontières, la fréquentation touristique de l’Hexagone ne devrait pas fléchir, rassure Didier Arino. Car les étrangers sont attendus en masse. Ils seront cet été 8 % de plus que l’année dernière.

Ce qui, pour les mois de juillet et août, fera de 2018 "au pire, une bonne année, au mieux, une excellente année", conclut le patron de Protourisme.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.