L'OCDE publie ce lundi un rapport sur les dispositifs complexes pour embaucher un travailleur immigré en France. Des travailleurs immigrés qualifiés qui répondent à des besoins forts des entreprises mais qui restent peu de temps, faute de conditions de travail attractives.

Seul un quart des employés immigrés travaillent encore en France quatre ans après avoir obtenu leur titre de séjour, faute d'attractivité des conditions de travail
Seul un quart des employés immigrés travaillent encore en France quatre ans après avoir obtenu leur titre de séjour, faute d'attractivité des conditions de travail © AFP / SIGRID GOMBERT / SCIENCE PHOTO LIB / SGM

L'Organisation de coopération et de développement économique, l'OCDE, publie ce lundi rapport sur le recrutement de travailleurs immigrés en France. Ce rapport, déjà publié pour sept autres pays, démontre une demande croissante des entreprises pour embaucher des travailleurs étrangers mais pointe aussi deux obstacles : les lourdeurs administratives et l'aspect aléatoire des autorisations.

Ces travailleurs immigrés sont désignés comme ceux à qui la France a délivré un titre de séjour pour activité professionnelle, ainsi que les saisonniers cadres et les investisseurs. Des migrants qui obtiennent leur papiers pour satisfaire les besoins du marché du travail français qui souffre d'un déficit d'attractivité par rapport aux autres pays de l'OCDE.

Bien souvent, il s'agit d'ouvriers agricoles, de cadres d'une multinationale ou doctorants, soit 28 000 employés qui ont reçu en 2016 leur titre de séjour permanent pour motifs d'emplois. 

Dispositif complexe et faible attractivité

Cela représente 16 % des flux, contre 10 % en 2007, des chiffres qui restent faibles en comparaison internationale. Dans son rapport, l'OCDE pointe les insuffisances des procédures qui permettraient de coller aux besoins réels du marché du travail et bénéficieraient à l'économie française. 

Le dispositif est trop complexe, le parcours administratif opaque, et, en bout de chaîne, les employeurs des PME hésitent à demander des autorisations de travail tant ils sont incertains de la réponse et de son délai. Un problème qui se pose moins pour les multinationales.

L'OCDE préconise donc de renforcer le nombre d'agents chargés d'examiner les dossiers et de revoir la fameuse liste des métiers en tension, jamais réactualisée depuis sa mise en place en 2008 et bien souvent caduque. 

Autant de pistes de réformes pour combler le déficit d'attractivité de la France, pays où les immigrés les plus qualifiés restent peu de temps. Difficultés administratives, coût de la vie et faiblesse des salaires ont pour résultat que seul un quart d'entre eux reste en France après quatre ans de séjour.

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