Le Premier ministre belge a annoncé jeudi un accord entre les parties belges qui pourrait permettre la signature du CETA après le report, à la dernière minute, du sommet UE-Canada.

La Belgique a bon espoir de lever les blocages de la Wallonie pour signer le CETA
La Belgique a bon espoir de lever les blocages de la Wallonie pour signer le CETA © AFP / FRANCOIS GUILLOT

La signature du CETA a été compromise mercredi soir, avec le blocage de la Wallonie qui refuse de donner son feu vert au gouvernement belge. Pourtant, la France, comme les 26 autres pays de l'UE (hors donc la Belgique), était prête à signer l'accord de libre-échange entre Européens et Canadiens, alors qu'elle se montre très réservée sur le TTIP (Traité transatlantique en négociation avec les USA, rebaptisé TAFTA par ses opposants).

Après l'échec d'une énième réunion de concertation entre les représentants des différentes régions et communautés linguistiques de Belgique, qui ont toutes voix au chapitre, le gouvernement canadien a finalement annoncé le report du déplacement de la délégation canadienne à Bruxelles sine die.

Mise à jour jeudi 27 octobre, 12h30 : Le Premier ministre belge, Charles Michel, a annoncé jeudi midi que les chefs de file des différentes régions sont parvenus à un consensus sur les importations agricoles et sur la juridiction chargée de régler les contentieux commerciaux. Cet accord doit maintenant être envoyé à l'Union européenne et aux différents Parlement de Belgique, qui s'exprimeront dessus "avant vendredi minuit".

Des efforts équilibrés entre Canada et UE

Sur le fond l' objectif de ces deux accords est identique : réduction des barrières douanière, coopération réglementaire... Pourquoi alors le TTIP suscite-t-il tant d’oppositions alors que le CETA a été négocié sans réelles frictions ?

Le CETA possède un avantage de poids : les négociations entre le Canada et l'Union européenne ont été plus équilibrées. Sur le vieux continent, des efforts ont été faits pour élargir les quotas européens de viande bovine. Tandis qu'au Canada, le gouvernement se dit prêt à ouvrir ses marchés publics et à reconnaître les AOC européennes pour 143 produits (dont le Roquefort).

Aux États-Unis, ces deux aspects sont à ce stade non négociables. Il en est de même pour l'influence des multinationales : le Canada a accepté depuis neuf mois la solution proposée par l'Europe d'un tribunal permanent dont les audiences seront publiques, alors qu'aucun compromis ne se dessine avec les négociateurs américains. Des frictions qui font craindre aux Européens de se voir imposé un modèle.

Enfin, l'impact du traité sera pas le même entre les États-Unis, l'un des premiers partenaires commerciaux de l'Europe alors que le Canada pointe à la 12ème place.

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