La directrice générale Isabelle Kocher est sur la sellette alors qu'elle brigue le renouvellement de son mandat en mai prochain. Sa gouvernance est critiquée en interne, y compris par le conseil d'administration qui se réunit ce mardi pour en discuter.

En interne, la stratégie d'Isabelle Kocher, la directrice générale, est jugée peu lisible.
En interne, la stratégie d'Isabelle Kocher, la directrice générale, est jugée peu lisible. © AFP / Eric Piermont

La directrice générale Isabelle Kocher est sur la sellette, alors qu'elle brigue le renouvellement de son mandat en mai 2020. Sa gouvernance est critiquée en interne y compris par le conseil d'administration qui se réunit mardi pour en discuter. 

Un management sous le feu des critiques

En interne, le management d'Isabelle Kocher est très critiqué. Sur le fond, la stratégie est jugée peu lisible avec trop de métiers : des services énergétiques au portefeuille de 10 millions de clients hérités de Gaz de France, en passant par le nucléaire, la production d'électricité...

Quant au cours de bourse, il stagne depuis quatre ans comparé à ses grands concurrents européens, après avoir été divisé par quatre depuis 2008.

Engie doit donc se spécialiser. Selon certaines sources, le conseil d'administration pousserait à la vente des réseaux gaziers (entre autres la distribution du gaz, avec GRDF et le réseau de transport de gaz GRTgaz) avec à la clef plusieurs milliards d'euros.

Il y a donc un désaccord stratégique avec Isabelle Kocher, qui depuis trois ans a entrepris de sortir du charbon et du pétrole, de faire pivoter le mastodonte du gaz et de l'électricité et ses 160 000 salariés vers la transition énergétique. 

"Pas question de vendre Engie à la découpe", explique-t-elle. Le groupe y perdrait le plus gros de ses profits. "Le gaz c'est l'ADN du groupe", rappelle son entourage. 

Bercy voudrait se désengager

Pour l'instant, l'État, premier actionnaire d'Engie avec 24% du capital, laisse faire. Mais Bercy voudrait se désengager, comme le lui permet la loi Pacte (croissance et transformation des entreprises), promulguée en avril 2019.  

Difficile pourtant à la fois pour l'État et le conseil d'administration d'assumer politiquement un éventuel départ. Isabelle Kocher est la seule femme dirigeante du CAC 40. 

Elisabeth Borne nie

De son côté la ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne a dit ce lundi regretter de "fausses nouvelles" autour du géant de l'énergie, et soutient qu'il n'y a "aucune raison de remettre en cause" le cap stratégique d'Engie.

Procédure inédite : un audit sur la gouvernance depuis 4 ans d'Isabelle Kocher a été commandé par le conseil d'administration et son président Jean-Pierre Clamadieu. En attendant, "le C.A. prévu ce mardi n'est pas conclusif" selon Engie. La décision sera sans doute repoussée au début de l'an prochain.  

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