les eurodéputés approuvent l’investiture de jean-claude juncker à la tête de la commission européenne
les eurodéputés approuvent l’investiture de jean-claude juncker à la tête de la commission européenne © reuters

Le président de la Commission dévoile ce mercredi devant le Parlement européen un plan de 315 milliards d'euros censé relancer l'investissement en Europe. Mais comment trouver de l'argent quand on n'en a pas ? C'est le pari de Jean-Claude Juncker.

Lever 315 milliards d'euros sans dépenser un sou. La Commission européenne compte sur un fonds de garantie public de 20 milliards d'euros pour attirer quinze fois plus de capitaux privés, le tout garanti par le AAA de la Banque européenne d'investissements. C'est ce qu'on appelle un effet de levier.

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Invité du journal de 13 heures de Claire Servajean, Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques et financières, a parlé d'une "nouvelle phase" pour l'UE :

Il est vrai que la politique économique de l'Union européenne a été consacrée, dans la dernière période, à la stabilisation après la crise de 2008. Maintenant, il faut passer à cette autre étape, qui est la dynamisation économique, et cela passe par la relance de l'investissement.

Les États n'auront pas à débourser un centime car on puise dans les réserves du budget européen. Mais ils pourront participer. Cerise sur le gâteau : ces contributions au plan d'investissements ne viendront pas gonfler leurs déficits publics.

Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques et financières, invité de Claire Servajean

Angela Merkel sceptique

Des ingénieurs et des financiers seront chargés de sélectionner les projets d'un bout à l'autre de l'Europe dans les secteurs du numérique, des transports ou de l'énergie. Des projets à risques qui, dans la période actuelle, ne trouvent pas d'investisseurs. Il s'agit donc de rétablir la confiance pour relancer la croissance et créer des emplois.

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Selon l'eurodéputé centriste Jean Arthuis, président de la commission des budgets du Parlement européen, il s'agit de financer avant tout des projets d'avenir :

La généralisation du numérique, du câblage... Mais aussi parfaire le marché intérieur, avec des infrastructures de transport transfrontalières. Avant de négocier des accords de libre-échange avec les États-Unis, je pense qu'il faut d'abord mener à son terme le marché intérieur.

(Propos recueillis par Anja Vogel)

Reste à convaincre la chancelière allemande Angela Merkel, très frileuse à l'idée de dépenser pour des projets qui ne bénéficieront peut-être pas directement à l'Allemagne. 'Il faut aller vite", affirme une source diplomatique, pour que les projets soient lancés avant l'été.

Les prévisions de la commission
Les prévisions de la commission © Radio France
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