Deux ans après la levée des sanctions, le groupe pétrolier français s’apprête à signer pour l'exploitation d'un gisement de gaz en partenariat avec des groupes iranien et chinois.

Cet accord gazier entre l'Iran et Total s'élève à 4,8 milliards d'euros.
Cet accord gazier entre l'Iran et Total s'élève à 4,8 milliards d'euros. © AFP / Attaka Kenaré

C'est la première entreprise occidentale à reprendre pied en république islamique dans ce secteur de l'énergie. Cette opération place la France en bonne position sur le marché iranien.

Le groupe français se positionne malgré les réticences de l'administration du président Donald Trump et du Congrès américain qui veulent renforcer les sanctions contre Téhéran. L'accord préliminaire pour le développement d'un important champ gazier avait été conclu en novembre 2016 et devait être finalisé début 2017.

Le PDG du groupe français, Patrick Pouyanné, a décidé de poursuivre les discussions avec l’Iran malgré l'hostilité grandissante de Washington. Total sera le premier groupe pétrolier occidental à revenir en Iran depuis l'accord nucléaire conclu en juillet 2015. Téhéran et les grandes puissances avaient alors renoué le dialogue.

En janvier 2016, l’accord sur le programme nucléaire iranien a permis de lever partiellement les sanctions internationales contre Téhéran. Les investissements étrangers nécessaires à la relance de l'économie ont alors fait leur retour progressif en Iran. Hassan Rohani, président fraîchement réélu, souhaite remettre son pays dans la course aux investissements dans le secteur énergétique.

Téhéran veut ainsi développer de nombreux projets pétroliers, gaziers et pétrochimiques. La signature de cet accord a lieu quelques jours seulement après une tournée du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, en Europe notamment vendredi en France où il a été reçu par le président français Emmanuel Macron.

Renforcer ses partenariats et ses relations avec l’Europe

Face à l’hostilité américaine, l’Iran veut renforcer ses partenariats et ses relations avec l’Europe. Avec cet accord, Total détiendra 50,1% des parts du consortium qui exploitera le champ gazier, suivi du groupe China National Petroleum Corporation (CNPCI) avec 30% et de l'Iranien Petropars (19,9%).

Après les groupes automobiles PSA et Renault, Total est la troisième grande entreprise française à revenir en Iran. Cela ne va pas sans risque géopolitique et financier comme l’explique Francis Perrin, directeur de recherche à l'Iris au micro de Laurent Kramer :

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