Ascométal
Ascométal © MaxPPP / Anthony PICORE

Pour reprendre le groupe sidérurgique Ascométal, la justice choisit l'offre française, devant les concurrents brésiliens et américains. La quasi totalité des emplois serait sauvegardée.

Pour les salariés, c'est le soulgement... Sur fond de patriotisme économique.

Dans une déclaration commune l'énarque Frank Supplisson et Guy Dollé (ex-directeur général d'Arcelor), qui ont porté l'offre de reprise française:

Le tribunal a fait le choix de l'offre la mieux disante industriellement, socialement et financièrement

Tous deux ont insisté fortement sur le caractère français de leur offre de reprise, surfant sur la vague de patriotisme économique que connaît la France actuellement, dans la lutte acharnée qui les a opposés à l'offre concurrente du brésilien Gerdau, qui avait le soutien de l'administrateur judiciaire.

Une offre soutenue par plusieurs personnalités politiques

Parmi les soutiens : l'ancien Premier ministre François Fillon. L'Etat, lui-même, s'est prononcé en sa faveur, évoquant:

l'intérêt national général

la justice a choisi le repreneur français pour ascométal, selon un syndicat
la justice a choisi le repreneur français pour ascométal, selon un syndicat © reuters

Dans un communiqué, le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, qui est resté en retrait dans ce dossier, a salué le choix du tribunal de commerce de Nanterre qui:

préserve l'ensemble des capacités industrielles de l'entreprise, qui la maintient sur tous ses domaines d'activité et qui reprend la quasi-totalité des emplois

Conserver la quasi totalité des 1900 emplois

En plus de son caractère français, l'offre de M. Supplisson était surtout la seule à conserver les six sites et la quasi totalité des emplois (1.820 sur près de 1.900) de cette ancienne filiale d'Usinor spécialisée dans les aciers

spéciaux pour l'automobile et le secteur pétrolier.

Pour la CGT, le syndicat majoritaire cette décision c'est:

un grand ouf de soulagement! [...] C'est la solution qui maintient Ascométal dans son intégralité, qui ne ferme aucun site et qui reprend 97% des emplois. Donc on ne peut être que satisfaits de la décision du tribunal

Elle soutenait ce projet de reprise et avait mis la pression sur le tribunal convoquant une grève mardi.

Une offre à 230 millions d'euros

L'offre française prévoit la levée de 230 millions d'euros de financement et peut compter sur un prêt de l'Etat de 35 millions d'euros, via le Fonds de développement économique et social (FDES).

Arnaud Montebourg déclare:

Le redressement d'Ascométal passe aussi par la préservation de l'intégrité de la société et une attention particulière y sera portée [...] Les dirigeants de l'entreprise, les salariés, les actionnaires et l'Etat doivent à présent concentrer leurs efforts dans un seul but: faire d'Ascométal ce qu'il était il y a encore quelques années, le leader des aciers spéciaux

En revanche, le ministre ne précise par si l'Etat entrera ou non au capital de la nouvelle société qui portera le nom d'Asco Industries.

Les offres écartées

Le brésilien Gerdau, qui pèse environ 14 milliards d'euros et compte 45.000 salariés dans le monde, n'est manifestement pas parvenu à lever les incertitudes sur l'avenir du site de Fos-sur-Mer, qu'il assurait ne pas vouloir fermer. Il ne reprenait que 1586 emplois, assortis de 166 embauches... Avec la fermeture du site du Cheylas (Isère).

La décision du tribunal laisse également sur la touche l'actionnaire Apollo et les créanciers, les banques Morgan Stanley et Bank of America, qui soutenaient l'offre concurrente d'Anchorage.

le gouvernement promet d'aider ascometal à trouver un repreneur
le gouvernement promet d'aider ascometal à trouver un repreneur © reuters

Plombée par une dette de 360 millions d'euros, l'ancienne filiale d'Usinor spécialisée dans les aciers spéciaux pour l'automobile et le secteur pétrolier, avait été placée en redressement judiciaire le 7 mars, après l'échec de négociations entre Apollo et les banques.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.