Le métier d'Infirmier en pratique avancée (IPA), à mi-chemin entre le médecin et l'infirmier, va faire l'objet d'un décret dans les prochaines semaines. Le projet est presque définitivement ficelé, mais les médecins ont réussi à garder la main. Les IPA resteront bel et bien sous leur tutelle.

À mi-chemin entre le médecin et l'infirmier, l'Infirmier en Pratique Avancée (IPA) n nouveau métier qui va faire l'objet d'un décret dans les prochaines semaines
À mi-chemin entre le médecin et l'infirmier, l'Infirmier en Pratique Avancée (IPA) n nouveau métier qui va faire l'objet d'un décret dans les prochaines semaines © AFP / Frédérick FLORIN

Prévu par la loi santé de Marisol Touraine votée en 2016, ce nouveau statut imite ce qui se pratique déjà dans d'autres pays (Canada, Grande Bretagne) : une profession intermédiaire, plus qualifiée que l'infirmier de base, pour prendre en charge certaines tâches et libérer du temps médical aux médecins.

Tel que le décret est écrit, l'infirmier en pratique avancée pourra recevoir un patient, lui prescrire des examens, renouveler ou adapter une ordonnance. En revanche, il ne pourra ni prescrire une molécule nouvelle, ni interpréter des résultats.

Le médecin délèguera certaines tâches, mais restera maître à bord. Jean-Paul Ortiz  préside la confédération des syndicats médicaux français, il est satisfait de ce compromis : "Ce qui est fondamental, c'est que le médecin reste le chef d'orchestre de la prise en charge d'un patient."

Un champ d'intervention trop limité ?

Les infirmiers auraient, eux, voulu davantage d'autonomie, d'où la déception de Ludivine Gauthier, qui préside la fédération nationale des étudiants en soins infirmiers : "À un niveau BAC + 5, comparé aux sages-femmes, il y a une autonomie et des compétences qui n'apparaissent pas et qui ne sont pas reconnues. Ce n'est pas du tout ce qu'on espérait."

Déception aussi des jeunes médecins du syndicat Réagir. Pour leur président Yannick Schmitt, on limite trop dans ce décret le champ d'intervention de ces infirmiers : "Ils seront limités à certaines pathologies chroniques ; ils ne pourront pas voir le patient quand il viendra pour un problème aigu comme un rhume ou une angine, ou une toux. Il y a des corporatismes qui ont joué, parce que certains médecins ont peur de cette nouvelle profession."

Mais Yannick Schmitt est confiant. Pour lui, le décret n'est qu'une base, pour l'instant un peu compliquée, qui pourra évoluer au fil du temps pour laisser plus d'autonomie à l'infirmier.

Pour l'instant, la question de la rémunération de ce nouveau métier n'est pas encore tranchée.

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