Pascal Pavageau, qui symbolise une durcissement de la ligne du syndicat, a été élu vendredi secrétaire général de Force ouvrière. Son prédécesseur Jean-Claude Mailly dénonce la position de son successeur, taxée de "duplicité".

Entre Jean-Claude Mailly et Pascal Pavageau les ponts semblent définitivement coupés
Entre Jean-Claude Mailly et Pascal Pavageau les ponts semblent définitivement coupés © AFP / Bertrand GUAY

Ce n'est pas parce qu'on est syndicaliste, qu'on doit forcément tendre l'autre joue. Jean-Claude Mailly et sa ligne réformiste ont été fortement secoués lors du congrès de Force Ouvrière à Lille, où il prononçait son dernier discours de secrétaire général et mettait aux voix son dernier rapport d'activité. Un bilan qui n'a recueilli que 50,54 % de voix favorables, alors qu'au congrès de Tours en 2015, par exemple, le même exercice avait recueilli 97  % des voix.

Signe patent d'une crise au sein du syndicat, qui couvait depuis les ordonnances sur le droit du travail et la passivité supposée de Jean-Claude Mailly, accusé d'avoir été trop conciliant avec Macron et ses réformes.

La colère...

Premier signe du courroux :  lors de son dernier discours en tant que porte-parole du syndicat, Mailly dénonce ceux qui ont "mordu le trait de la fraternité et de la camaraderie" mais précise qu'il a "le dos large"

Ce vendredi, à peine quittées ses fonctions, Jean-Claude Mailly se lâche sur Twitter et dit tout le mal qu'il pense de son successeur, au moment même où Pascal Pavageau prononce son premier discours de secrétaire général à la tribune du congrès à Lille.

Jean-Claude Mailly avait déjà rappelé à plusieurs reprises que les décisions quant à la ligne de FO sur les ordonnances, avaient été prises "à l'unanimité" du bureau confédéral dont Pascal Pavageau faisait partie.

Durcissement de la position du troisième syndicat de France

Le fait que Pascal Pavageau semble vouloir se faire une virginité, en défendant une position bien plus contestataire, a visiblement énervé Jean-Claude Mailly.

"Il n'y a ni hypocrisie ni duplicité dans les résolutions qui viennent d'être votées par les délégués", a répondu Pascal Pavageau après son intervention. Le nouveau secrétaire général a trouvé le tweet de son prédécesseur "inélégant" et le "regrette, y compris sur un plan personnel", a-t-il insisté. 

Seul candidat, et soutenu par une base qui réclame une direction plus offensive, Pascal Pavageau, 49 ans, a été élu vendredi matin à la tête de Force ouvrière, succédant à Jean-Claude Mailly, qui a dirigé le syndicat durant 14 ans.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.