Éolienne, hydraulique, solaire ou de biomasse, les énergies vertes représentaient un tiers de l'électricité consommée en France au deuxième trimestre 2018. Du jamais vu depuis plusieurs décennies.

Des éoliennes à Salles-Curan, dans l'Aveyron.
Des éoliennes à Salles-Curan, dans l'Aveyron. © Maxppp / Didier Saulnier

Ce n'était plus arrivé depuis les années 1970. Près d'un tiers (31%) de l'électricité consommée par les français lors du deuxième trimestre 2018 était d'origine renouvelable. Dans un communiqué de presse conjoint, le syndicat des énergies renouvelables,  et les gestionnaires de réseaux RTE, ENEDIS et l'Adeef se félicitent de ce taux record qui a été "atteint grâce à la combinaison de trois facteurs" :

  • Une production des barrages hydrauliques en hausse grâce aux fortes pluies du printemps. L'hydroélectrique a couvert 21 % de la consommation française à lui seul.
  • Une forte progression des filières dites "nouvelles" (éolien, solaire et biomasse) qui, ensemble, atteignent 10% de la consommation française.
  • Une demande traditionnellement moins élevée que pendant les mois d'automne et d'hiver.

Une analyse à pondérer tout de même puisque lorsque la consommation d'électricité baisse, ce sont les centrales nucléaires qui ralentissent. Les énergies renouvelables, elles, restent prioritaires pour l'accès au réseau. Elles occupent donc une part plus importante dans la production d'électricité en France.

Performance inédite depuis les années 1970

Au début des années 1960, la production de courant en France reposait pour plus de la moitié sur l'énergie hydraulique. Les centrales à charbon vont ensuite remplacer les centrales hydroélectriques qui, au milieu des années 1970, ne produisent plus que 33% de l'électricité française. À la même époque, en 1974, le plan Messmer mise tout sur le nucléaire. Dès 1990, ces nouvelles centrales assurent trois quart de la production française, loin devant l’hydraulique (14%) et le thermique (11%). Et ce n'est qu'après 2002, quand l'Union Européenne signe le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effets de serre, qu'une prise de conscience s'opère en faveur du développement des énergies renouvelables

La France ambitieuse

Les résultats de ce deuxième trimestre 2018 sont encourageants, tant ceux de l'année dernière étaient décevants. Les énergies renouvelables n'avaient alors fourni que 18,1% du courant consommé, en baisse par rapport à 2016. La France souhaite pourtant surpasser l'objectif européen de porter la part des énergies renouvelables à au moins 27% d'ici 2030. La loi relative à la transition énergétique, adoptée par le Parlement français en juillet 2015, vise effectivement les 40%. 

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