La Fédération nationale d'agriculture biologique a saisi le Défenseur des droits pour que les aides bio soient soldées. À ce jour, seulement un tiers des aides de 2016 ont été versées, mais les producteurs bio n'ont rien vu non plus pour 2017 et 2018 et sont confrontés à des problèmes de trésorerie.

La trésorerie des agriculteurs bio est malmenée par les retards des aides de l'État
La trésorerie des agriculteurs bio est malmenée par les retards des aides de l'État © AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Les agriculteurs bio en ont assez d'attendre en vain les aides qui leur sont dues. Devant le retard des versements, la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB) demande au Défenseur des droits d'agir pour que les sommes pour 2016, 2017 et 2018 soient versées. Concrètement, les agriculteurs n'ont reçu à ce jour qu'un tiers des aides bio de 2016 et doivent souvent contracter des prêts à court terme pour payer leurs fournisseurs ou leurs impôts.

Les producteurs ont marre des promesses. Dernière en date, celle qu'au début de l'automne 2018, toutes les aides de 2016 seraient réglées. Des sommes qu'ils attendent toujours, alors que l'automne est déjà bien avancé.

Au total, on parle de sommes qui vont de 5 000 à 20 000 euros par exploitation. Autant dire des sommes importantes et une situation qui devient "intenable", alerte Guillaume Riou, le président de la FNAB : "On arrive tant bien que mal à négocier avec les banques, mais ce n'est pas une situation qui peut être durable."

Investissements futurs bloqués

Car ce manque de trésorerie cumulé bloque les investissements à venir dans le secteur : "À force, ça immobilise un peu nos investissements et les projections entrepreneuriales que l'on peut tous avoir pour imaginer l'agriculture biologique de demain."

La raison donnée par l'administration, c'est que les services rencontrent des difficultés informatiques, mais les producteurs bio mettent en doute la volonté politique, alors que l'agriculture biologique progresse en France de 15 à 20 % par an et que le gouvernement a supprimé certaines aides au maintien.

Ils comptent maintenant sur le Défenseur des droits pour, peut-être "mettre sous pression le gouvernement pour que rapidement des moyens financiers et des moyens humains soient mis en place" : "On souhaite recevoir rapidement le paiement de l'année 2018, peut-être début 2019, mais on peine à y croire."

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