Péage dans le sud de la France
Péage dans le sud de la France © Radio France / Gabriela Lupu

L'action pourrait n'être que symbolique, mais elle a surtout pour but de faire pression sur les sociétés d'autoroutes, accusées d'abuser de leur concession pour toucher le pactole. Une vision "caricaturale", pour l'ASFA, qui assure que les tarifs sont justifiés.

C'est l'ancienne ministre Corinne Lepage qui a annoncé le lancement de cette action collective, tout en assurant qu'il ne s'agit pas d'une "class action" à la française, ce système rendu possible l'année dernière par la loi sur la consommation. L'avocate s'est associée avec le site actioncivile.com pour recueillir les doléances des automobilistes et faire pression sur les sociétés d'autoroutes.

Selon nos estimations, le tarif actuel est d'au moins 20% supérieur à ce qu'il devrait être. En 2013, la Cour des Comptes déplorait des hausses de tarifs nettement supérieures à l'inflation et évoquait un rapport de force plus favorable aux concessionnaires qu'aux pouvoirs publics. Mais ces sociétés n'en tiennent pas compte. L'automobiliste se fait plumer.

Corinne Lepage était l'invitée de France Inter, elle répond à Claire Servajean

Le site propose donc de remplir un formulaire en ligne pour demander un remboursement de 20 %, à condition d'avoir emprunté les autoroutes au cours des cinq dernières années. Il espère récolter jusqu'à 50 000 contributions, mais ne précise pas si et comment les utilisateurs devront éventuellement présenter des justificatifs de ces trajets.

Corinne Lepage participera bénévolement à l'action. En revanche le site ActionCivile.com touchera un pourcentage sur les éventuels bénéfices d'actions en justice.

L'objectif de l'action est de toute façon en priorité d'obtenir une médiation avec les sociétés d'autoroutes, tout en brandissant la menace d'une action (encore floue) devant les tribunaux d'instance en cas d'échec.

Action efficace ou coup de bluff ?

Les sociétés d'autoroutes, elles, ne semblent pas vraiment prêtes à négocier quoi que ce soit. L'association des sociétés françaises d'autoures (ASFA) a immédiatement dénoncé une "approche caricaturale", ne reposant "sur aucune réalité juridique et économique".

Les tarifs de péage sont fixés par l'État qui contrôle, avant de les approuver, le respect strict de la loi", écrit-t-elle. "Par ailleurs, il n'existe aucune autoroute comptablement amortie. En effet, les péages perçus sur les autoroutes les plus anciennes, à fort trafic, permettent d'asseoir le financement des autoroutes plus récentes à moindre trafic.

De son côté, le ministre des Finances Michel Sapin a lui salué le lancement de cette action de groupe. "Je ne sais pas ce que ça donnera mais Corinne Lepage dit ce que beaucoup d'entre nous disons, il y a eu des augmentations de péages par le passé largement supérieures à l'inflation et qui ont permis à ces sociétés d'autoroute de faire des bénéfices peut être un peu plus élevés qu'il ne conviendrait."

L'action appuie en effet le gouvernement dans son bras de fer lancé il y a plusieurs mois avec les concessionnaires autoroutiers pour tenter d'obtenir une baisse de leurs tarifs.

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