Ils observent, impuissants, le soleil fatiguer les bêtes, griller les récoltes, et brûler les prairies. La FNSEA alerte sur une situation rare.

Joel, agriculteur en Essonne, constate les dégâts causés par la sécheresse.
Joel, agriculteur en Essonne, constate les dégâts causés par la sécheresse. © Radio France / Diane Sprimont

Certains n'ont pas vu la pluie depuis deux mois. "Les effets de la sécheresse se font surtout sentir sur le maïs et les prairies" reconnaît le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, qui juge d'ailleurs la situation "beaucoup plus grave" dans l'Est de la France. S'il a confirmé qu'un certain nombre de dispositifs nationaux seront activés, la FNSEA dit rester "préoccupée" par la situation.

Dans de telles conditions de chaleur, les animaux produisent moins 

La présidente du syndicat agricole, Christiane Lambert, demande donc à la Commission Européenne de faire un effort supplémentaire. Bruxelles ayant déjà accepté de verser 70 % des aides de la PAC dès cet automne, la FNSEA en espère 90 %. Avant cela, le ministère de l'Agriculture doit cartographier les zones touchées par la sécheresse.

Les stocks de fourrages entamés bien avant l'hiver

Comme Joël Nowakowski, éleveur à Cheptainville dans l'Essonne, des agriculteurs ont dû entamer les stock de fourrages d'hiver pour nourrir les animaux. En trente ans de métier, il a rarement vu ses terres dans un état de sécheresse pareil. "On ne peut pas faire une botte de foin, se plaint-il. D'habitude, on fait deux ou trois coupes mais cette année, on n'a pu en faire qu'une". Pour passer l'hiver, Joel n'a donc pas le choix, il doit vendre 50 de ses 150 animaux et perdre 30 à 40 % de son chiffre d'affaires.

Les chèvres de l'élevage La Doudou, à Cheptainville, cherchent du frais.
Les chèvres de l'élevage La Doudou, à Cheptainville, cherchent du frais. © Radio France / Diane Sprimont

On voulait garder un peu de chèvres et de canards mais c'est pas la peine, on n'a pas assez d'alimentation.

Selon l'éleveur âgé de 60 ans, "il faudrait 10 à 20 hectares de plus si on voulait rester avec le même nombre d'animaux". Chose qu'il ne peut pas se permettre alors qu'il se retrouve en difficulté financière. Joël a même dû licencier son seul employé début juillet.

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