Le gestionnaire de réseau à haute-tension RTE a demandé aux salariés de la centrale de Cordemais (Loire-Atlantique), en grève depuis le début de l'année, de se "rendre disponible" pour le premier épisode de grand froid de l'année.

Vue de la centrale à charbon de Cordemais, en Loire-Atlantique, menacée de fermeture en 2022.
Vue de la centrale à charbon de Cordemais, en Loire-Atlantique, menacée de fermeture en 2022. © AFP / LOIC VENANCE

Comme toutes les centrales à charbon de France, le site de Cordemais (Loire-Atlantique) est menacé de fermeture en 2022. Une issue que refusent les salariés, en grève depuis le 2 janvier à l'appel de la CGT, FO et la CFE-CGC : ces derniers demandent un "avenir" pour la centrale, alors que le gouvernement, il y a quelques jours, a ouvert la porte à un fonctionnement de Cordemais au-delà de 2022 afin de sécuriser l'approvisionnement électrique du grand Ouest.

Une situation exceptionnelle selon RTE...

Pour autant, le gestionnaire du réseau RTE n'a pas hésité à réquisitionner la centrale en cette fin de semaine, jeudi 17 et vendredi 18, en raison du froid annoncé sur toute la France : "On a besoin de faire appel à l'ensemble des moyens de production en particulier de Cordemais", a expliqué Jean-Paul Roubin, directeur de l'exploitation RTE.

Cette dernière justifie la réquisition du site par la fermeture des deux réacteurs nucléaires de Flamanville, qui se trouvent en ce moment en visite décennale, une "situation inédite" et "exceptionnelle" en période hivernale, reconnait la direction de la RTE. La semaine prochaine, le gestionnaire d'exploitation s'attend à des pics de consommation d'électricité de plus de 90 000 MW en raison du froid, ce qui entraînerait des importations d'électricités de 5 000 à 6 000 MW.

Mais RTE a la mémoire courte selon Gwenael Plagne, délégué syndical CGT de la centrale : "_Les années passées, l'année dernière même, ils avaient bien fait démarrer des tranches fioul [celle de Cordemais était encore en activité] pour pouvoir pallier au problème de réseau". _

Donc, on le sait d'expérience, tous les hivers, pendant un certain nombre d'heures et suivant la vague de froid qui arrive, Cordemais est ultra mobilisée et indispensable pour tenir le réseau, c'est démontré techniquement

Mais pour la CGT la centrale de Cordemais reste indispensable.

Il ne se fait d'ailleurs pas d'illusion sur les semaines à venir : "Il est probable qu'on soit encore réquisitionné, malgré le fait que Flamanville doit redémarrer. Il y aura besoin des tranches de Cordemais pour alimenter la Bretagne, sinon ça risque d'être extrêmement fragile et d'avoir une nouvelle fois, comme jeudi dernier, des baisses de tensions et des risques importants de coupures." Si tout se passe bien, la réquisition devrait prendre fin ce vendredi soir, promet RTE, avec la remise en route d'un réacteur de Flamanville.

Un argument en plus, dans les mains des salariés de la centrale en grève. Malgré la menace de fermeture du gouvernement, ils appellent à la reconversion énergétique des installations de Cordemais grâce à EcoCombust, un projet à l'étude, pour produire de l'électricité à partir d'un combustible biomasse, très peu polluant, et qui donnerait un avenir aux 1 200 emplois directs et indirects concernés.

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