À la veille du vote solennel sur la réforme du ferroviaire, la SNCF a annoncé la filialisation du fret SNCF, afin de recapitaliser une activité lourdement endettée.

Le fret ferroviaire représente 11 % du transport de marchandises en France
Le fret ferroviaire représente 11 % du transport de marchandises en France © AFP / RAYMOND ROIG

C'est une allumette de plus dans le grand brasier SNCF du printemps. La SNCF a confirmé lundi la filialisation du fret ferroviaire français, peu après des déclarations du Premier ministre. A la mi-journée, Edouard Philippe avait en effet déclaré que le gouvernement réfléchissait à faire du fret une filiale à part et a demandé à la ministre du Transport, Elisabeth Borne, de préparer un nouveau plan de relance de la filière qui assure 11 % du transport des marchandises sur le territoire français seulement.

Le fret ferroviaire français, lourdement endetté et déficitaire, pourrait être relancé et recapitalisé, affirme la direction de la SNCF : Fret SNCF serait ainsi "dotée d'une personnalité juridique propre, société dont le groupe public ferroviaire détiendrait 100 % du capital."

Les actions envisagées comprennent notamment, selon le communiqué de la SNCF, "la nécessaire rénovation des installations dédiées au fret ferroviaire", "la sécurisation de sillons (créneaux de circulation ndlr) de qualité pour le fret" et la "modération" des hausses de péages.

Dans ce cadre, la SNCF envisage "une croissance des trafics (via une reprise de parts à la route), une réduction des frais généraux, une poursuite des gains d'efficacité industrielle, des innovations dans l'offre aux clients et dans l'exploitation que le fret ferroviaire doit continuer à aller chercher dans le digital".

Assainir la dette

Mais pour relancer le fret, la SNCF souhaite assainir la situation de Fret SNCF dont le déficit est plombé par une dette de 4,3 milliards d'euros, soit plus de la moitié des 7,9 milliards de dette de SNCF Mobilités

Or, Edouard Philippe argumente que la dette de l'entité pourrait être recapitalisée plus facilement si ses comptes sont isolés dans une filiale. Branche de fret ferroviaire de l'opérateur public, Fret SNCF a réalisé un chiffre d'affaires de 903 millions d'euros en 2017. Elle est rattachée au pôle Transport ferroviaire multimodal de marchandises (TFMM) au sein de l'activité SNCF Logistics, qui elle-même fait partie de SNCF Mobilités.

Le projet de filialisation doit être soumis aux institutions représentatives du personnel et être approuvé par les autorités européennes. La direction, qui envisage la naissance de la nouvelle entité au premier semestre 2020, note que "la continuité des contrats de travail, que ce soit pour les salariés statutaires ou les salariés contractuels, sera assurée vers cette nouvelle personne morale".

Pour les syndicats, en plein conflit social et au moment du vote solennel du projet de loi réformant la SNCF, cette annonce met le feu aux poudres. "Provocation", "Liquidation de l'activité"... Les responsables syndicaux dénoncent "les chiffons rouges" agités par le gouvernement.

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Fret SNCF, le feu aux poudres

Par Maxime Debs
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