ventes occasion
ventes occasion © MaxPPP

Selon une enquête de la Répression des fraudes en France publiée ce lundi, près de la moitié des commerces d’automobiles d’occasion sont en infraction. Les fraudes sont multiples et touchent en majorité les indépendants et internet.

Les résultats de l’enquête sont sans appel. Voitures de "première main" douteuses, compteurs falsifiés, entreprises se présentant comme des particuliers sur internet, selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, 47,11% des commerces d’automobiles d’occasion ne respectent pas la législation .

Dans une enquête publiée ce lundi et réalisée auprès de 1 471 commerces, la DGCCRF a constaté 860 avertissements, 33 procès-verbaux pénaux et 114 dossiers contentieux.

Parmi les manquements remarqués, les vendeurs ont notamment fait croire à leur client que le véhicule était une première main, en mettant en exergue la première immatriculation . En infraction avec la réglementation, des vendeurs vendaient des véhicules d'auto-école ou de location vendus sans prévenir les clients. Autre fraude constatée par la DGCCRF : le kilométrage. Elle rapporte le cas d’une voiture vendue avec55 000 km au compteur, qui en avait parcouru 347 000. Les spécifications et les catégories sont également l’occasion pour les commerçants de frauder. "Un agent de marque présentait des modèles de véhicules comme étant ceux de la catégorie supérieure. Les indications étaient décollées mais faiblement visibles sous la peinture sous certaines conditions d’éclairage", rapporte la DGCCRF.

Les indépendants et internet pointés du doigt

Acheter à une grande enseigne serait moins risqué pour le consommateur. "Les infractions majeures sont relevées chez les marchands et négociants indépendants", estime la DGCCRF. Les dérives constatées proviennent en majorité des commerçants indépendants mais les grandes marques commeles sites internet de vente de véhicules d’occasion en ligne ne respectent pas , eux non plus, la législation sur le commerce des véhicules de seconde main. Pour la DGCCRF, internet est souvent "le repaire de faux particuliers qui procèdent à un négoce clandestin de revente de véhicules d’occasion".

Des fraudes en hausse

Selon Marie Taillard, la porte parole de la repression des fraudes, ces fraudes ne cessent d'augmenter.

Le taux d'infraction était à 20%, ensuite il est passé à 30% et maintenant on arrive à près 50%, selon Marie Taillard

Ces fraudes peuvent engendrer des amendes allant jusqu'à 300 000 euros et/ou deux ans de prison. Une vérité qui dérange les professionnels de l'automobile qui restaient pour le moins discrets ce lundi après-midi. Il est vrai que pour les revendeurs, le marché de l'occasion est important. L’année dernière, 5,56 millions de voitures d'occasion ont été vendues en France , soit trois fois plus que les véhicules neufs.

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