À chaque manifestation, c'est la même chose : organisateurs et forces de l'ordre donnent un chiffre différent sur la mobilisation. Les uns sont accusés de la minimiser, les autres de l'exagérer. Mais un nouvel outil pourrait jouer les arbitres.

Un nouveau système de comptage pour évaluer l'affluence dans une manifestation
Un nouveau système de comptage pour évaluer l'affluence dans une manifestation © Radio France / Laurent Kramer

"Selon la police", "selon les syndicats", ces deux formules ponctuent systématiquement les fins de cortège français. Ce qui, en soit, ne poserait pas forcément de problème si les chiffres n'étaient pas systématiquement différents, voire trop éloignés pour avoir la moindre idée de la participation réelle. Le 22 septembre, par exemple, on avait frôlé le ridicule après une manifestation contre la réforme du droit du travail à Marseille, qui avait rassemblé 13 fois plus de personnes "selon les organisateurs" que "selon la police".

Il faut dire que les méthodes de comptages sont très différentes des deux côtés : la police positionne des agents en hauteur et utilise des compteurs à main, avec un comptage vidéo de vérification ; les syndicats croisent des éléments comme la longueur du défilé, la largeur des rues et la vitesse moyenne du cortège.

D'où l'envie bien légitime (des journalistes notamment) de pouvoir compter sur une source plus indépendante pour se faire une idée de la mobilisation. En 2014, la préfecture de police avait demandé une évaluation de sa méthodologie à une commission indépendante, qui avait affirmé qu'elle était la plus pertinente, "à 10 % près". En 2010, Mediapart et France Soir avaient organisé des comptages avec d'autres méthodes, aboutissant à des chiffres légèrement inférieurs à ceux de la police

La machine imaginée par la société Occurrence pour compter les manifestants
La machine imaginée par la société Occurrence pour compter les manifestants © Radio France / Laurent Kramer

Cette fois, pour arriver au plus près de la vérité, France Inter et plusieurs médias ont mis au point, avec un cabinet d'étude parisien, un système de comptage indépendant qui s'appuie sur une technologie française. La machine imaginée par Ocurrence possède deux capteurs électroniques qui sont ainsi capables de détecter chaque manifestant dans le cortège : ils retransmettent, sur une petite caméra, une ligne virtuelle, qui permet de compter chaque personne qui la traverse.

►Laurent Kramer a testé la "machine à compter les manifestants" : 

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►Laurent Kramer a testé la "machine à compter les manifestants" :

Par Laurent Kramer
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