Ça parait maintenant incontournable car les réseaux vieillissent et provoquent des fuites très importantes. Canalisations, tuyaux, branchement et usines d'assainissements méritent d'être rénovés. Des investissements supportés en fin de course par les consommateurs.

Les fuites  d'eau se multiplient dans les canalisations, malgré la surveillance
Les fuites d'eau se multiplient dans les canalisations, malgré la surveillance © Maxppp / La Voix du Nord/Christophe Lefebvre

On parle de fuites massives. Sur certains réseaux un litre sur cinq se perd, estime le ministère de la transition écologique. Le gouvernement a donc lancé ce chantier : un plan de relance des investissements au dernier congrès des maires de France, en novembre dernier, dans le cadre des Assises de l'eau. Cette première phase s'achève fin août avec les arbitrages du gouvernement qui doivent intervenir à ce moment-là au plus tard.

Et c'est donc sans doute le consommateur qui supportera cette hausse nécessaire des investissements. Les estimations sont les suivantes : il faudrait ajouter un milliard et demi, voir deux milliards d'euros par an, au six milliards de budget actuel pour faire face à l'ampleur du chantier de modernisation des réseaux d'eau. 

Où trouver l'argent des investissements nécessaires ? 

Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique a déjà prévenu : l'essentiel du financement doit provenir de la facture d'eau. Les municipalités qui gèrent ça, sont les premières concernées. 

"Le prix de l'eau a été pendant un certain temps une sorte de sésame que les maires mettaient en avant pour dire 'nous sommes les meilleurs gestionnaire' explique André Flageolet, le responsable Développement durable de l'association des maires de France. Moins l'eau était chère, plus on se targuait d'être de bons gestionnaires alors que c'était exactement l'inverse. Donc tout ceci arrive parce qu'à un moment donné on a fait le constat qu'un certain nombre d'élus –n'ayons pas peur des termes- n'ont pas fait leur boulot."

En France, le prix de l'eau est aujourd'hui inférieur à la moyenne européenne. Mais avec de fortes disparités sur le territoire. 

Là où l'eau est la moins chère, elle devrait de fait augmenter. Mais les bons élèves s'inquiètent aussi d'un projet de solidarité avancé par le gouvernement, qui les mettrait à contribution aussi pour financer les moins bons.

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