Dans une tribune publiée sur Facebook, le Premier ministre appelle à ouvrir "de nouvelles pistes" pour simplifier les minima sociaux. Parmi elles revient le "revenu universel".

Manuel Valls à la sortie du Conseil des ministres
Manuel Valls à la sortie du Conseil des ministres © Maxppp / Thomas Padilla

Après avoir annoncé lundi de nouvelles mesures sur le calcul du RSA en cas de changement de situation personnelle, Manuel Valls a publié mercredi une tribune sur son compte Facebook, appelant à "faire évoluer nos politiques de solidarité, en faisant preuve de bon sens".

"Accéder à un revenu minimal ne doit pas être un parcours d'obstacles" (Manuel Valls)

Et le Premier ministre évoque ainsi, à nouveau, le revenu universel, "c'est-à-dire une allocation unique, ouverte à tous, à partir de 18 ans, pour remplacer la dizaine de minima sociaux existant". Manuel Valls, qui fustige le fait qu'on qualifie "d'assistés" les 8 millions de Français qui touchent ces minima sociaux, évoque cette possibilité parmi les "nouvelles pistes" à ouvrir.

C'est quoi, déjà, le revenu de base ?

Comme l'explique Manuel Valls, il s'agit d'un revenu qui regroupe les aides sociales en vigueur actuellement. Objectif : assurer à tout individu majeur de quoi vivre convenablement, et ne plus faire de l'emploi une condition obligatoire pour avoir des conditions de vie correctes. Concrètement, il viendrait se substituer à une dizaine de minima sociaux qui existent à l'heure actuelle, dont le Revenu de solidarité active (RSA), l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou encore l'Allocation pour adultes handicapés (AAH).

Et contrairement à ces aides en vigueur actuellement, le revenu de base ne serait pas calculé en fonction de la situation familiale ou financière. D'où le terme aussi utilisé de "revenu universel".

Qui le soutient ?

En plus de Manuel Valls, les soutiens de ce revenu sont nombreux, à gauche mais aussi à droite, voire à l'extrême droite. Mais pas pour les mêmes raisons. A gauche, c'est surtout la question de la solidarité qui prime, et l'idée que ce revenu pourrait permettre de donner une impulsion aux activités non-commerçantes et bénévoles ou associatives.

A droite, c'est une vision plus libérale qui est vue : apporter un revenu garanti à tous et tout le temps donne plus de flexibilité au monde du travail - licencier un employé mettrait moins ses conditions de vie en danger. C'est aussi un moyen de supprimer des allocations, donc des caisses d'allocations, donc, à terme, des fonctionnaires.

Même le Front national, qui voit dans le revenu une solution plus juste que les aides sociales actuelles pour les classes moyennes: "Ce sont toujours les mêmes qui les obtiennent, et les mêmes qui les finances", a déclaré Marine Le Pen en avril dernier.

Quel montant, quel coût ?

Là aussi, les projets divergent. Les partisans à droite, comme Frédéric Lefebvre, évoquent un montant autour de 1.000 euros remplaçant toutes les allocations actuelles. A gauche et au FN, les soutiens du revenu universel évoquent plutôt des sommes de 450 à 800 euros.

Le coût de la mesure varierait donc en fonction du montant de ce revenu : de 200 milliards d'euros par an pour le montant le plus faible à 400 milliards pour un revenu mensuel de 1.000 euros. Il serait financé d'une part par les économies faites sur les autres allocations, d'autre part par une réforme de l'impôt sur le revenu.

Et ailleurs dans le monde, ça marche ?

Difficile à dire. Aucun pays n'a encore appliqué le revenu universel de façon complète. En Suisse en juin dernier, les électeurs ont écarté par référendum l'idée d'un revenu universel qui devait s'élever autour de 2.000 euros par mois.

Le premier pays d'Europe à mettre en place cette formule pourrait bien être la Finlande. Une proposition est en tout cas étudiée actuellement par le parlement pour mettre en place une expérimentation dans ce sens dès janvier prochain : 2.000 personnes tirées au sort verront leurs aides sociales (sauf la couverture santé) remplacées par un unique chèque de 600 euros.

►►►"Un système complexe, c'est un système qui exclut les plus faibles", le reportage de Delphine Evenou :

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