un rapport recommande un conventionnement sélectif pour lutter contre les déserts médicaux
un rapport recommande un conventionnement sélectif pour lutter contre les déserts médicaux © reuters

PARIS (Reuters) - Pour lutter contre les déserts médicaux en France, un rapport du Sénat publié jeudi recommande, entre autres mesures, de ne pas conventionner les médecins qui s'installeraient dans des zones considérées comme "surdotées".

Ce document, rendu public à la veille d'un déplacement à Grenoble (Isère) du Premier ministre sur la stratégie de santé du gouvernement, relance un sujet sensible, les médecins étant opposés à toute restriction de leur liberté d'installation.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a jusque-là rejeté les mesures coercitives, leur préférant des incitations à l'installation dans les "déserts médicaux". Elle a présenté douze mesures en ce sens en décembre, dans le cadre d'un "pacte territoire santé".

Mais selon le rapport du Sénat, l'accumulation de mesures incitatives "se traduit par une absence de lisibilité et par l'impossibilité d'une évaluation globale".

D'où la recommandation, outre la clarification de ces mesures ou l'encouragement de la télémédecine, d'une série de dispositions de "régulation".

À contre-courant de ce que prône le gouvernement, les 16 sénateurs, de tous bords politiques, recommandent d'étendre aux médecins le principe du conventionnement sélectif en fonction des zones d'installation, qui s'applique à d'autres professionnels de santé.

Ils suggèrent également d'instaurer l'obligation, pour les spécialistes, d'exercer deux ans à la fin de leurs études dans les départements qui manquent de tels professionnels.

"C'est une véritable provocation", a estimé sur RTL Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux.

"La carence démographique que nous connaissons aujourd'hui (...) va se résorber dans les années qui viennent", a-t-il ajouté, estimant que le conventionnement sélectif prôné par les sénateurs "porterait atteinte très gravement à la médecine libérale".

Avec une densité moyenne de 330 médecins pour 100.000 habitants, la France se classait en 2010 au 14e rang des 34 pays de l'OCDE, rappelle le rapport du Sénat.

Mais ce classement cache de fortes disparités selon les départements, et même au sein des départements, souligne-t-il.

La densité par département de médecins généralistes variait ainsi du simple au double en 2010 selon les régions, et de presque 1 à 8 pour les médecins spécialistes.

Une enquête BVA de 2007 montrait par ailleurs que 63% des étudiants en médecine et 60% des jeunes médecins n'envisageaient pas d'exercer en zone rurale, rappelle le rapport.

Chine Labbé, édité par Sophie Louet

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