La crise sanitaire va aussi toucher le portefeuille des retraités. L’Agirc-Arrco, complémentaire retraite des salariés du privé, va devoir faire face à un déficit entre 6 et 8 milliards d’euros cette année. Le conseil d’administration devrait voter jeudi le gel des pensions pour les douze mois qui viennent.

Le conseil d’administration d'Agirc-Arrco devrait voter jeudi le gel des pensions pour les douze mois qui viennent.
Le conseil d’administration d'Agirc-Arrco devrait voter jeudi le gel des pensions pour les douze mois qui viennent. © AFP / Serge Attal

"Ce n’est pas de gaieté de coeur évidemment, mais c’est nécessaire à tout point de vue". Face à la crise sanitaire, il y a une certaine unanimité au sein du bureau de l’Agirc-Arrco, géré par les partenaires sociaux. Ils ont fait leurs comptes et ce sont entre 6 et 8 milliards d’euros qui vont manquer cette année. Un peu moins catastrophique que prévu, grâce au rebond vigoureux de l’économie après le confinement notamment, mais il s’agit tout de même d’un trou de plusieurs milliards d’euros. 

Les retraités du privé devraient donc devoir faire une croix sur la revalorisation du 1er novembre. "On réagit vite, pour préserver les pensions à venir, c’est de la bonne gestion", défend un responsable patronal. Et cela aurait pu être pire. L’évolution des pensions est censée suivre l’évolution des salaires. Sauf qu'en 2020, le salaire de référence risque de baisser de plus de 7%, notamment à cause du chômage partiel. Impossible de faire baisser les pensions, une clause de sauvegarde l’empêche. Les voilà donc qui se retrouvent à zéro. Malgré l’accord signé en 2019 qui prévoit que les pensions seront revalorisées à hauteur de l’inflation pendant quatre ans

Un impact faible sur le pouvoir d'achat

Les syndicats ont bien avancé l’argument qu’un gel n’est pas la meilleure option en période de relance ; l’impact restera tout de même faible sur le montant des pensions. Aussi parce que la hausse des prix est très réduite cette année, autour de 0,1%. "Cela ne menacera pas leur pouvoir d’achat", reconnait un responsable syndical. D’autant que les revalorisations de l’année dernière avait été légèrement supérieures à l’inflation et donc plus profitables au porte-monnaie des retraités.

Et puis il y a un argument de solidarité envers les actifs. Ces derniers mois, la rémunération de beaucoup d’entre eux a baissé, notamment à cause du chômage partiel. Alors que le niveau de vie des retraites s’est amélioré, supérieur de 10 points aujourd’hui, selon un point de situation du Conseil d’orientation des retraites en juin dernier. 

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