De nouvelles mesures d'économie. Le gouvernement semble contraint de prendre de nouvelles mesures d'économie. La Commission européenne doit publier vendredi les prévisions de croissance et de déficit.

Le gouvernement français a déjà annoncé que le double objectif d'une croissance de 0,8% et d'un déficit de 3% du PIB ne serait pas atteint en 2013, un revers qui est selon lui dû à des circonstances exceptionnelles. Selon le ministre de l'Economie et des Finances :

Je ne pense pas que notre crédibilité sera affectée si quelque chose d'exceptionnel se produit.

le taux de participation à l'échange de dette grecque atteint 85,8%
le taux de participation à l'échange de dette grecque atteint 85,8% © reuters

Il a rappelé que le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, avait ouvert la porte à un étalement de l'assainissement budgétaire en cas de circonstances exceptionnelles si l'effort structurel est maintenu.

Prié de dire si le gouvernement pourrait aller au-delà de la réduction de 60 milliards d'euros des dépenses publiques prévue sur le quinquennat, Pierre Moscovici a dit attendre les prévisions de la Commission européenne le 22 février :

Je réagirai vendredi à ces chiffres-là, pas avant. Parce que c'est en fonction de ce dialogue que nous ajusterons les mesures.

Mais il a averti ses partenaires européens qu'il n'entendait pas "ajouter l'austérité au risque de récession".

Si nous procédons par des mesures trop brutales, le risque recessif est très fort.

Vers la rigueur ? Par Bruce de Galzain

Taxer les allocs ?

Les allocations familliales fiscalisées ? Les enjeux du débat par Marc Fauvelle

Le gouvernement attendra la remise d'un rapport sur la politique familiale avant de se prononcer sur une éventuelle taxation des allocations familiales, a déclaré lundi Pierre Moscovici.

Cette proposition, formulée dimanche par le premier président de la Cour des comptes, est critiquée à droite. Didier Migaud, qui suggère également la taxation des pensions des retraités, y voit une piste pour augmenter les recettes de l'Etat. "Je ne vais pas improviser là-dessus", a dit lundi le ministre de l'Economie et des finances. Pierre Moscovici a annoncé :

Il y a actuellement une mission (...) sur la politique familiale qui rendra ses conclusions au Premier ministre, et ensuite nous prendrons nos décisions.

Interrogée sur France Info, la ministre du Logement Cécile Duflot a jugé le débat "intéressant, parce qu'il pose la question de la solidarité".

Tout en disant attendre également ce rapport, le président du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a quant à lui estimé qu'un plafonnement des allocations familialesserait "juste".

"Je ne souhaite pas que l'on enlève des prestations pour les plus hauts revenus sans que ça soit redistribué", a-t-il dit lundi. "Si l'on devait plafonner (...) cela me semblerait juste", a-t-il toutefois ajouté.

L'opposition de droite s'est de son côté dite plutôt opposée à ces mesures, tandis que le Parti communiste français dénonçait "une spirale de toujours plus d'austérité", estimant que "la politique familiale n'est pas une variable d'ajustement".

"J'avoue que j'ai beaucoup de mal à comprendre", a déclaré le président de l'UMP Jean-François Copé.

"C'est des mesures de court terme (...) Si ça s'inscrit dans un plan global, je peux le comprendre, mais là c'est pas un plan global, c'est la énième goutte d'eau qu'on va enlever de la mer en faisant croire qu'on réduit le déficit", a-t-il ajouté.

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate aux primaires à droite en vue des élections municipales de mars 2014 à Paris, a également jugé qu'il y avait "des meilleurs moyens de faire".

Je crois qu'il faut pas mélanger les instruments, les allocations familiales, c'est pas un instrument de répartition, ça ne sert pas à rétablir l'équilibre et la justice (...) ça sert, à niveau de revenus équivalent, à donner un avantage à ceux qui ont des enfants.

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