la france prévoit de sanctions après l'affaire de la viande de cheval dans des lasagnes
la france prévoit de sanctions après l'affaire de la viande de cheval dans des lasagnes © reuters

Une réunion de crise avait lieu ce lundi à Bercy, pour évoquer de possibles "sanctions" après la découverte de viande de cheval dans des plats surgelés. Les ministre de la Consommation Benoît Hamon assure qu'on en saura plus "sous 48 heures".

François Hollande l'a très vite promis : il y aura "des sanctions". La découvert de viande de cheval dans plusieurs préparations "au boeuf" a secoué plusieurs pays européens concernés. Au-delà de la sanction économique, avec le retrait des rayons de tous les plats surgelés concernés, la France assure qu'il y aura des sanctions administratives ou pénales.

Une réunion de crise avait donc lieu à Bercy, en présence des ministres concernés : Stéphane Le Foll (Agriculture), Guillaume Garot (Agroalimentaire) et Benoît Hamon (Consommation). Ce dernier a indiqué qu'il n'était pas possible de déterminer pour l'instant s'il s'agissait d'une "négligence" ou d'une "fraude délibérée". Dans ce cas, ce serait un délit. Le ministre promet qu'on en saura plus dans les "48 heures".

Philippe Lefebvre décrypte le contenu de cette réunion.

"Nous n'avons pas encore tranché s'il s'agissait d'une négligence ou d'une fraude", explique Benoît Hamon lors d'un point de presse, rappelant qu'il ne s'agissait pas d'une crise sanitaire mais d'une "fraude économique". L'enquête menée en France par la Répression des fraudes (DGCCRF) a mis en lumière un circuit complexe de commercialisation de cette viande et ses agents ont effectué des inspections sur plusieurs sites en France.

Parcours de la viande
Parcours de la viande © Radio France

Un inventaire complet des bons de livraison des sociétés françaises Comigel et Spanghero, qui fournissent la marque de produits de surgelés Findus, est en cours pour voir si d'autres clients ont reçu des produits qui n'ont pas été retirés des rayons, a dit Benoît Hamon.

Une nouvelle réunion à Bruxelles

Benoît Hamon a également fait état d'un "renforcement immédiat" des contrôles de la répression des fraudes, qui va étendre ses recherches au-delà des deux principales sociétés dans la tourmente, Spanghero et Comigel. L'ensemble de la filière viande et poisson va être mise "sous surveillance" pendant l'année 2013, a-t-il indiqué. Histoire d'éviter toute nouvelle mésaventure...

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé la tenue d'une réunion européenne "jeudi ou vendredi" sur le scandale.

La Roumanie clame son innocence

Une réunion devrait avoir lieu avant la fin de la semaine au niveau européen sur "cette question posée par la tromperie de cet étiquetage", a précisé pour sa part Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture.

La branche britannique de l'entreprise de produits surgelés Findus a entamé le rappel de ses lasagnes de boeuf la semaine dernière sur le conseil de son fournisseur français, Comigel, qui affirme que la viande douteuse vient de Roumanie.

Mais le Premier ministre roumain Victor Ponta a assuré lundi qu'aucune fraude n'avait été commise dans son pays et s'est dit irrité par les accusations lancées à l'encontre de la Roumanie. Lors d'un déplacement en banlieue parisienne, le président français a pour sa part souligné le "double devoir de transparence et de responsabilité" de l'Etat.

"Il y a eu des manquements visiblement, des profits, des comportements inadmissibles, des sanctions devront être prononcées : sanctions administratives, sanctions pénales si le dossier le justifie", a-t-il dit.

Findus et un fournisseur portent plainte contre X

Findus, marque dont certains produits contenaient de la viande de cheval, se fournissait auprès d'une usine luxembourgeoise du groupe français Comigel, qui se fournissait elle-même auprès de Spanghero, filiale du groupe Pujol. Les inspecteurs de la DGCCRF ont procédé à des inspections dans les installations de Spanghero, dans le sud de la France, et de Comigel, à Metz. Spanghero a décidé de porter plainte contre X pour tromperie.

Dans un communiqué, la société Spanghero assure "qu'elle exerce son activité dans le strict respect des réglementations européenne et française" et qu'elle n'a pas d'activité d'achat, de revente ou de transformation de produits à base de cheval.

Findus France, qui estime avoir été trompée, avait annoncé dès dimanche qu'elle porterait plainte contre X.

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