Vincent Bolloré va-t-il fermer Canal + ?
Vincent Bolloré va-t-il fermer Canal + ? © MaxPPP/IP3/Christophe Morin

Vincent Bolloré a évoqué jeudi le risque de "faillite" de Canal+. Le président du conseil de surveillance de Vivendi, qui veut mettre sa filiale de télévision payante à la diète, tout en maintenant l'objectif de Vivendi d'en faire un champion européen capable de lutter face aux géants numériques américains

C'est devant les actionnaires réunis à l'Olympia que Vincent Bolloré a évoqué le futur des chaînes cryptées :

Si les pertes continuent, il y a un moment où il faudra arrêter le robinet, parce que Vivendi ne pourra pas apporter de l'argent indéfiniment à Canal+.

Un message martelé à intervalles réguliers durant les deux heures qu'a duré la présentation : si l'on ne change rien, Canal + pourrait accuser un déficit de 400 millions d'euros en 2016, une somme qui s'ajouterait aux 264 millions d'euros déjà perdus en 2015.

Les explications de Marion L'Hour

Le même message a été transmis aux salariés dans un courrier, qui évoque également sa stratégie et notamment le renouvellement de la vingtaine de cadres qui ont valsé à la rentrée, ce qui a été vécu par les salariés comme une "purge" :

Comme toujours, le premier pas a consisté à choisir une équipe capable de faire face à cette hémorragie. Outre la compétence - bien sûr essentielle - il est souvent nécessaire de faire venir du "sang neuf", car les personnes déjà impliquées ont du mal à modifier profondément le travail qu'elles faisaient auparavant. C'est ainsi que dans la direction, 20 personnes ont été remplacées - croyez-moi, avec des conditions financières très honorables - et une nouvelle équipe a été constituée autour des "anciens".

Dans toute autre société, le changement d'une équipe de 20 personnes sur 8 000 aurait été banal ; chez Canal+, le retentissement médiatique a été malheureusement considérable.

Si le groupe Canal+ est rentable dans son ensemble, notamment les chaînes gratuites D8 et D17, certaines filiales perdent de l'argent comme iTELE ou les chaînes payantes. Le groupe Canal + a une dette d'environ un milliard d'euros, a souligné Vincent Bolloré. Le retour à l'équilibre de Canal+, confronté à une forte concurrence de BeIn Sports ou Altice sur les droits sportifs et à celle de Netflix sur le cinéma, est prévu pour 2018.

Coté économies, Vincent Bolloré a renvendiqué la réduction des dépenses de Canal, en commençant par les frais engagés pour le festival de Cannes. Des restrictions qui ont déclenché l'enthousiasme et les applaudissements des actionnaires :

Quand on dit aux gens : vous n'êtes plus 469 à partir, vous n'êtes plus que 50, on n'est pas populaire. Mais on préfère mettre cet argent dans les programmes.

"Certains disent que je suis la cause des pertes de Canal +. J'en suis la conséquence, et peut-être la solution", clame Vincent Bolloré qui dénonce "une campagne sur une censure présumée, totalement injustifiée car Canal+ est l'un des groupes de médias où les responsables sont les plus libres aujourd'hui". Les changements initiés par le président du conseil de surveillance et ses déclarations, sont pourtant considérés par beaucoup comme une des causes de la désaffection de ses chaînes.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.