La halle, une des enseignes du groupe en crise Vivarte
La halle, une des enseignes du groupe en crise Vivarte © MaxPPP/L'Est Républicain/Maury GOLINI

L'ex-PDG du groupe Vivarte, dont la nouvelle direction a annoncé mardi la suppression de 1.600 postes, a quitté ses fonctions en octobre avec un chèque de plus de trois millions d'euros, selon Le Parisien. Information que Marc Lelandais conteste.

Le Parisien, qui affirme avoir pu consulter l'accord de transaction, donne le montant exact des indemnités de départ touchées par Marc Lelandais, remercié fin octobre dernier après deux ans d'exercice. Ces indemnités se montent à 3,075 millions d'euros selon le quotidien.

Les explications de Philippe Lefébure

Emmanuel Macron y est allé de sa réaction. Le ministre de l'Economie, invité de RTL, est choqué dit-il, par ce montant :

Evidemment que c'est choquant, évidemment que c'est cette partie de l'économie de marché dans laquelle nous vivons qui est devenue incompréhensible, qui crée des inégalités inexplicables et que vous ne pouvez pas défendre. C'est une forme d'éthique de considérer que, quand on est dans une entreprise en difficulté, qu'on a essayé un retournement qui n'a pas totalement marché, qu'en plus on prend des décisions difficiles, il est indécent de toucher ces sommes là.

Les syndicats du groupe Vivarte eux sont écoeurés. Les représentants CGT, FO et CFDT savaient que l'ancien Pdg du groupe avait touché de grosses indemnités mais n'ont jamais obtenu de chiffre précis.

Pour Karim Cheboub (CGT) :

On savait mais on n'a jamais eu de précision chiffrée. Il est proprement scandaleux et immoral de toucher autant d'argent dans une situation où l'ex-Pdg a mené le groupe dans le mur. Les primes devraient être indexées sur les résultats d'une entreprise.

Quant à l'ex PDG lui même, il nie avoir touché 3,075 millions d'euros. Dans un communiqué, Marc Lelandais écrit :

Le journal 'Le Parisien' a annoncé ce matin des chiffres sur d'éventuelles conditions de mon départ de la présidence du groupe Vivarte qui sont faux. Le document présenté est erroné et ne correspond pas à mes indemnités de départ.

Devant un tel procédé et de telles méthodes je me réserve le droit de rétablir la vérité par toutes voies légales.

Le groupe de distribution spécialisée a annoncé mardi un plan social portant sur la suppression de près de 1.500 emplois, pour l'essentiel dans son enseigne phare La Halle aux vêtements qui accumule les pertes. Le groupe détient également Naf Naf, Kookaï, André, Minelli ou Chevignon.

A elle seule, La Halle aux vêtements a vu son chiffre d'affaires décrocher de 14,5% au cours du dernier exercice, dans un marché français de l'habillement en recul de 0,9% l'an dernier. Pour la relancer, l'ancien PDG de Vivarte, Marc Lelandais, a misé sur une coûteuse stratégie de montée en gamme, qui n'a pas produit les effets escomptés, la coupant de sa clientèle populaire et vidant ses magasins.

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