Depuis vendredi les entreprises de plus de 1.000 salariés doivent publier leur index d'égalité hommes-femmes. Certaines rechignent à le publier. D'autres le cachent sur une page égarée de leur site web. De Accenture à Vinci, nous avons réussi à retrouver l'index de plus de 200 entreprises en France.

Illustration index femmes-hommes
Illustration index femmes-hommes © Radio France

1 400 entreprises françaises de plus de 1 000 salariés ont l’obligation depuis vendredi de publier l'index d'égalité hommes-femmes. En clair, d’attribuer une note globale sur 100 qui se base sur cinq critères établis par le gouvernement (écart de rémunération femmes-hommes, écart dans les augmentations annuelles et dans les promotions, au retour de congé maternité et la présence de femmes parmi les plus gros salaires de l'entreprise). Cette obligation de transparence s’inscrit dans la loi Avenir professionnel du gouvernement, qui vise avant tout à éradiquer les inégalités entre les hommes et les femmes dans le monde du travail d'ici 2022. 

Plusieurs entreprises sont en deçà du seuil de 75 points. C'est notamment le cas de Thales Services SAS (70/100) Ugitech (68/100), Ues Bolloré (74/100) ou encore d'Arcelor Mittal Industreel (73/100).  D'autres au contraire, se démarquent par leurs bons résultats, tels Sodexo Hygiène et Propreté (100/100) ou encore la Maif (99/100). 

Si le score est inférieur à 75 points, les entreprises disposent d'un délai de trois ans pour atteindre le seuil de 75 points. Sans cela, une sanction financière pouvant aller jusqu'à 1% de leur masse salariale sera appliquée. Le gouvernement assure également que les contrôles de l’inspection du travail seront plus nombreux afin de faire respecter ces nouvelles obligations. Les petites et moyennes entreprises (de moins de 1000 salariés) bénéficient d’un peu plus de temps. Le ministère mettra au point un logiciel automatisé d'ici janvier 2020 pour leur permettre de calculer directement leur index.

Ces bons scores doivent être mis en perspective. La CGT (Confédération générale du travail) le répète : l'outil de l'index de l'égalité hommes-femmes n'est pas aboutie. Son principal défaut ? Le manque de transparence. "Là quand on consulte les notes, on voit que l'entreprise Sodexo Hygiène et Propreté a une note de 100/100. Moi j'aimerais bien avoir le détail. Le problème justement, c'est qu'on ne l'a pas. Nous ce que nous reprochons, c'est le défaut de transparence. Le gouvernement impose aux entreprises de communiquer leur note sur 100 mais sans donner les écarts de rémunération. On ne sait pas comment l'entreprise a calculé. Peut-on parler de la précarité de ces salariées ? ", se questionne Sophie Binet, dirigeante de la CGT en charge de l'égalité femmes/hommes, pour qui l'Inspection du Travail doit pleinement jouer son rôle et accentuer les contrôles. 

Le système de notation est décrié par l'organisation syndicale car il ne prend pas en considération les écarts de rémunération. "Cet outil sur mesure permet d'occulter les inégalités de rémunération et de mettre le couvercle sur des inégalités de rémunération bien réelles. C'est pour ça que la plupart des entreprises du CAC 40 ont eu une excellente note alors que la situation des femmes l'est beaucoup moins.

D'autant plus que toutes les entreprises de plus de 1000 salariés ne jouent pas le jeu, malgré l'obligation de publier l'index de l'égalité salariale vendredi 1er mars. Mardi, 732 entreprises sur 1.400 avaient répondu en temps et en heure

De nombreux index ne sont pas encore connus. Aidez-nous à retrouver l'index de votre entreprise, si elle compte plus de 1 000 salariés en remplissant ce formulaire:

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.