Volkswagen a ordonné l'ouverture d'une enquête externe à la suite d'accusations portées par les autorités américaines chargées de la protection de l'environnement, a déclaré son président du directoire, se disant "sincèrement navré" de cet incident.

L'enquête interne a permis d'indentifier 11 millions de véhicules dans le monde équipés du logiciel de trucage , selon un communiqué du groupe. Tous sont équipés de moteurs diesel de type EA189. L'Union européenne, de son côté, juge "prématurées" des mesures de surveillance sur son territoire.

Les États-Unis et l'État de Californie ont accusé le constructeur automobile allemand d'avoir délibérément contourné les règles en vigueur en matière de lutte contre la pollution atmosphérique et l'ont menacé d'amendes susceptibles d'atteindre 15,8 milliards d'euros. La sanction boursière, elle, est déjà tombée : l'action Volkswagen a plongé de 20 % mardi matin à la Bourse de Francfort.

L'Agence fédérale de protection de l'environnement (EPA) affirme que VW a équipé ses modèles diesel Volkswagen et Audi des années 2009 à 2015 d'un logiciel permettant de contourner les tests d'émission de certains polluants atmosphériques.

Les regrets du patron de Volkswagen

Martin Winterkorn est "infiniment désolé" pour la "faute" commise par le groupe, a-t-il dit mardi lors d'une allocation vidéo diffusée sur le site de Volkswagen :

Je suis infiniment désolé que nous ayons déçu la confiance de millions de personnes à travers le monde. Je m'excuse profondément auprès de nos clients, des autorités et de l'opinion publique dans son ensemble pour cette faute.

L'action Volkswagen finit en baisse de 19,82% mardi, a perdu 35% en deux jours. Le scandale a également entrainé un plongeon de la Bourse de Francfort. L'indice vedette Dax a clôturé sur une chute de 3,80% à 9.570,66 points.

Un logiciel espion

"Pour faire simple, ces automobiles étaient équipées d'un logiciel qui coupait le mécanisme de contrôle des émissions en circulation normale et l'activait lorsqu'elles subissaient un test d'émission ", avait expliqué vendredi Cynthia Giles, une responsable de l'EPA, à la presse.

Le dispositif permettait aux véhicules en question d'émettre jusqu'à 40 fois plus d'émissions que le seuil autorisé pour préserver la santé publique, avait-elle précisé.

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Le cas Volkswagen est-il un cas isolé ? Depuis des années, les ONG accusent les constructeurs automobiles de ne pas respecter les normes antipollutions. Elles mettent en cause les tests d'homologation, jugés inefficaces, mais pas seulement.

Les précisions de Sandy Dauphin

Ségolène Royal a annoncé mardi le lancement d'une enquête "approfondie". La ministre de l'Ecologie a également demandé aux constructeurs français de "s'assurer que de tels agissements n'ont pas eu cours en France".

Neuf voitures sur dix émettent plus que les normes en vigueur

C'est la conclusion choc d'une étude de "Transport et Environnement", publiée la semaine dernière. Des tests réalisés sur une trentaine de modèles diesel, en conditions de conduite réelle, rien à voir donc avec les tests d'homologation menés en laboratoire pour François Cunot, chargé de missionde l'ONG.

Les conditions de laboratoire sont toujours très fixes, que ce soit en température, en humidité... Les routes sont toujours droites... Donc le test en laboratoire n'est pas du tout représentatif des conditions réelles de conduite. Quand on compare les émissions en laboratoire et en conditions réelles, on a de très gros écarts, jusqu'à 22 fois pour certains véhicules.

Des écarts parfois si importants qu'ils alimentent les soupçons des ONG depuis des années , explique Lorelei Limousin du Réseau Action Climat.

Ça fait plusieurs années qu'on dénonce ces écarts chez les constructeurs automobile. Là, on a la preuve pour Volkswagen , mais il faudrait que le gouvernement américain ou l'Union européenne mènent l'enquête sur les véhicules qui sont vendus en Europe.

L'Europe doit mettre en place de nouveaux tests effectuée en condition de conduite réelle. Ces tests (baptisés RDE), plusieurs fois repoussés, doivent entrer en vigueur en 2017.

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