Xavier Niel, fondateur d'Iliade
Xavier Niel, fondateur d'Iliade © IP3 PRESS/MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

Le groupe Iliad/Free du milliardaire français a déposé une offre de rachat du quatrième opérateur américain, T-Mobile US, filiale de Deutsche Telekom. Il propose un peu plus de 11 milliards d’euros en cash pour acquérir 56,6% des parts de la société.

L’offre a fait l’effet d’une surprise jeudi, dans le petit monde de la téléphonie, mais Xavier Niel préparait son coup depuis au moins deux mois. Son projet, très ambitieux pour un "petit" opérateur européen encore inconnu sur le marché américain, s’appuie sur un investissement de deux milliards d’euros en fonds propre, le reste devrait être financé à crédit. Selon Les Echos, Xavier Niel lui-même va mettre la main à la poche et sacrifier un milliard de sa fortune au rachat de T-Mobile. Celui qui est aussi co-propriétaire du groupe Le Monde est à la tête de la neuvième plus grosse fortune française, estimée à plus de 8 milliards d’euros par le magazine Challenges.

Le "petit" français face à la concurrence américaine

En s’attaquant à T-mobile, une société qui a une valorisation deux fois supérieure à la sienne en bourse, Iliad fait figure de petit poucet. Il devra sans doute faire face à l’offre concurrente de Sprint, l’actuel numéro trois des mobiles US, également sur les rangs pour racheter son rival. L'offre de Sprint propose aux actionnaires de leur racheter leurs parts 40 dollars l’action… contre 33 dollars pour Iliad. La partie américaine est donc loin d’être gagnée pour Xavier Niel.

Gilles Sengès, auteur de la biographie « Xavier Niel, l’homme Free » répondait aux questions d’Olivier Bénis et Marion L'hour dans Inter Treize:

Une offre ambitieuse… qui ne convainc pas la bourse de Paris

T-Mobile US, ce sont 50 millions d’abonnés sur un marché américain qui en compte 320 millions, partagés en seulement entre quatre opérateurs. Par cette offre, Xavier Niel part donc à la conquête d’un marché particulièrement alléchant : T-Mobile a annoncé récemment que ses bénéfices étaient repartis à la hausse au deuxième trimestre, avec 1,5 millions de nouveaux clients et une belle marge de progression en vue. Mais l’offre d’Iliad n’a pas vraiment enthousiasmé la Bourse de Paris, l’action Iliad/Free perdait près de 10% ce vendredi à l’ouverture. Une réserve due en partie à la perspective des dettes, neuf milliards d’euros, que le groupe va devoir contracter pour réaliser cette grosse opération.

L’annonce de cette offre de rachat enthousiasme par contre l’ancienne ministre déléguée à l’économie numérique, désormais chargée du commerce extérieur :

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