Même si les situations sont différentes, les nuages noirs s’accumulent dans le ciel européen. Trois compagnies aériennes sont en grandes difficultés. Conséquence pour les voyageurs : des vols annulés en masse. Pour chacun des cas, voilà ce qu’on sait des procédures si vous êtes concernés.

Deux appareils des compagnies Thomas Cook et Aigle Azur.
Deux appareils des compagnies Thomas Cook et Aigle Azur. © AFP /

Elles sont trois. Deux compagnies françaises, une britannique. Sans aucun lien à part un point commun : celui d’être dans des situations financières catastrophiques. Mais quelles sont les conséquences pour les voyageurs ? Risquent-ils d’être bloqués ? Pourront-ils être remboursés ? Voilà ce que l'on en sait. 

Thomas Cook : 10 000 Français risquent d’être bloqués à l’étranger

Sur les 600 000 touristes qui séjournent actuellement et qui risquent de se retrouver bloqués à l'étranger si l'agence Thomas Cook fait faillite, 10 000 sont Français, selon les estimations de Jean-Pierre Mas, président des Entreprises de voyage, ancien Syndicat national des agences de voyages, ce dimanche sur franceinfo. Tandis que le voyagiste britannique, le plus vieux au monde fondé en 1841, tente d'éviter la faillite - l’entreprise doit trouver près de 230 millions d’euros pour survivre - de nombreux voyageurs s’inquiètent de la suite de leurs séjours

Si l'agence faisait faillite, “ses clients seraient rapatriés, ou s'ils se rapatrient eux-mêmes seraient remboursés des frais de rapatriement. Cela demande une logistique extrêmement importante et la solidarité de l'ensemble de la profession des compagnies aériennes et éventuellement l'appui des pouvoirs publics”, continue Jean-Pierre Mas, en rappelant que les clients qui ont versé des acomptes pour un voyage futur sont “protégés par la caisse de garantie qui existe en France comme en Grande-Bretagne et partout en Europe”. 

Concrètement, c'est la directive européenne des voyages tout compris (Package travel directive) qui permet aux voyageurs de bénéficier de garanties ou fonds de remboursement. Chaque voyage organisé compte une part du tarif destinée à abonder le fonds de garantie, qui doit servir aux situations d'urgence comme le serait la faillite de Thomas Cook. En cas de rapatriement, l'autorité aérienne britannique assure que tout sera fait pour faire rentrer les touristes le jour prévu, mais sur d'autres compagnies.

Les voyageurs ayant acheté seulement des billets d'avion auprès de Thomas Cook ne sont pas couverts par ces garanties mais peuvent se tourner vers leur fournisseur de carte de crédit ou les assureurs.  

Aigle Azur et XL Airways, pas évident d’être remboursé

Autres entreprises en grandes difficultés, les compagnies françaises XL Airways et Aigle Azur. La première est en cessation de paiement depuis jeudi et a besoin de 35 millions d'euros pour se relancer. Quant à Aigle Azur, la compagnie, spécialisée dans les liaisons avec l'Algérie et la desserte du bassin méditerranéen, est actuellement en liquidation avec poursuite d’activité, en sursis jusqu’au 27 septembre pour trouver un repreneur. 

Pour la première, XL, les vols sont maintenus jusqu’à mardi mais elle ne vend plus de billets. Les voyageurs devront attendre la fin des tractations avant de connaître leur sort. Pour la seconde, les avions Aigle Azur ne volent plus depuis le 7 septembre et les passagers ont du être reportés sur d’autres vols d’autres compagnies. 

En ce qui concerne les remboursements, tous ne seront pas logés à la même enseigne pour être indemnisés. Selon le même principe de la directive européenne des voyages tout compris, ceux qui étaient en voyage tout organisé sont bien protégés et ne devraient, comme pour les passagers Thomas Cook, ne rien perdre. Certains ont même déjà été pris en charge, pour Aigle Azur, le temps de trouver des vols de remplacement. 

Même problème pour ceux qui, en revanche, n'avaient acheté que des billets. Aucun fonds de garantie n’existe pour leur venir en aide. Les entreprises du voyage estiment à 40 000 le nombre de passagers ayant réservé des billets chez Aigle Azur pour des vols durant l'automne ou l'hiver prochain. Faute de système de garantie ne seront jamais remboursés.  

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