Il était l'un des meilleurs dessinateurs français. Disparu dans l'attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, Cabu est à l'honneur en ce moment à la Mairie de Paris. Une exposition baptisée "Le Rire de Cabu" : revue détaillée de plus de 60 ans de dessins humoristiques.

Cabu accueille les visiteurs de l'exposition "Le rire de Cabu"
Cabu accueille les visiteurs de l'exposition "Le rire de Cabu" © Radio France / Alexandra Ackoun

On tombe sur lui dès l'entrée, ses lunettes rondes, sa coupe au bol, son sourire jovial... Debout derrière son bureau reconstitué pour l'occasion, Cabu nous accueille "dans son bordel, son bureau d'ado pas rangé puisque Cabu était un éternel adolescent" s'amuse à raconter son ami Jean-François Pitet qui est aussi le commissaire de l'exposition "Le Rire de Cabu".

Avec l'épouse du dessinateur, Véronique, Jean François Pitet a passé deux ans à ordonner les papiers de Cabu pour en exhumer les 350 dessins exposés.

"Il fallait que les dessins fassent rire, fassent réfléchir, montrent la qualité et la variété picturale de Cabu parce qu'il a un talent graphique qui va dans tous les sens" ajoute Jean-François Pitet, "c'était un humaniste, quelqu'un qui aimait les gens, qui les respectait, qui leur faisait prendre conscience de pas mal de choses".    

Comme la bêtise, incarnée à merveille par l'une de ses créatures les plus célèbres : le beauf. D'ailleurs c'est grâce à Cabu que le mot entre dans le dictionnaire en 1985. Un beauf qui au fil des ans passera d'ouvrier dans les usines d'armement ou bistrotier au beauf qui travaille dans la publicité et fin 2014, Cabu crée le fils du beauf qui travaille dans l’événementiel...

L'exposition rend plus largement hommage à cette foultitude de personnages créés par le dessinateur : le Grand Duduche, la fille du proviseur, Dorothée, l'adjudant Kronenbourg (né de son expérience à l'armée pendant la guerre d'Algérie).

L'un des dessins de Cabu exposé à la Mairie de Paris
L'un des dessins de Cabu exposé à la Mairie de Paris © Radio France / Alexandra Ackoun

Classés par ordre alphabétique, on découvre aussi toutes ces célébrités qu'il a croquées en plus de 60 ans de carrière, d'Isabelle Adjani à Eric Zemmour. Sur un mur, un écorché de Johnny Hallyday, que Cabu détestait (normal, il n'aimait que le Jazz et surtout Cab Calloway), perfusé à la gnole et au calva. 

Sans oublier les politiques, l'un de ses terrains de jeu favoris. "C'est par exemple lui qui aurait trouvé l'histoire du cul de poule pour le visage de Giscard" s'amuse Jean-François Pitet.

Impossible, c'est vrai, de garder son sérieux devant tous ces dessins. Et Cabu, tout au long du parcours, rit avec nous grâce à des haut-parleurs dissimulés. 

Pourtant c'est la tristesse qui l'emporte face à cet artiste incroyablement prolifique dont on nous a privé, et qui nous manque tant. 

► "Le rire de Cabu", c'est jusqu'au 19 décembre (gratuit, mais entrée avec réservation obligatoire sur le site de la Mairie de Paris)

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