Les plateformes numériques promettant la mise en ligne ou l'édition de manuscrits sont de plus en plus nombreuses. Relecture, corrections, maquettes, vente en ligne, dédicaces : que valent vraiment les services proposés aux auteurs amateurs ? La petite dernière, Édith et nous, promet un accès direct vers les éditeurs.

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On estime qu'il y aurait en France, d'après différentes études menées ces dernières années, plus de 11 millions de Français écrivains et écrivaines, en tout cas des Français "écrivants", dont 1,5 million de romanciers potentiels. Des auteurs de l'ombre, qui peut-être n'ont écrit qu'un seul texte autobiographique dans leur vie, ou peut-être beaucoup plus. Est-ce ce chiffre de 11 millions qui ouvre les appétits de tous les services périphériques de l'édition traditionnelle ? De la publication sur Internet, sur Amazon ou MonBestSeller, à l'assistance d'un agent littéraire et un accompagnement à l'édition en ligne sur des sites comme Librinova ou Édith et nous, les auteurs et autrices sont certains de trouver de l'aide : parfois, il suffit de payer. 

Chez Librinova, on entre dans le monde de l'autoédition, augmentée d'une palette de services, de l'autoédition à l'agence littéraire. Pour 580 euros par exemple, Librinova promet un référencement de votre livre dans 5 000 librairies en France Métropolitaine ainsi que sur Amazon.fr et Fnac.com, l'impression de 10 exemplaires, une séance de dédicace durant 2h organisée dans une librairie du réseau Cultura. 

Il semble si simple de devenir auteur ou autrice, en campagne pour la promotion de son livre. L'offre de service peut aller jusqu'à 2 000 euros pour un titre. La plateforme publie des textes de tous genres, poésie, essais, romans de toutes sortes, tous les talents trouveront leur onglet sur ce site. Et Librinova peut aussi assurer l'envoi de votre manuscrit dans une maison d'édition traditionnelle, comme Fleuve, Albin Michel ou Grasset par exemple. Certains éditeurs témoignent y avoir trouvé quelques perles.

Que valent vraiment ces démarches puisque les éditeurs (en chair et en os) affirment en général que tous les manuscrits reçus sont lus, même s'ils sont mal présentés ? Elles allègent le temps passé à faire des envois, car envoyer son manuscrit en 50 exemplaires à 50 adresses différentes coûte cher et prend du temps. Mais rien ne garantit que les éditeurs se pencheront vraiment sur ces textes, à moins qu'une main amie ne viennent les y inciter. 

Quand l'algorithme provoque la rencontre

Édith et nous, qui vient de se lancer, propose de cibler l'envoi de manuscrits vers les éditeurs. Ici l'engagement financier de l'auteur est celui d'un abonnement, de l'ordre de 10 euros par mois. Cela donne le droit de déposer leur manuscrit en ligne sur la plateforme. Ils doivent faire un résumé de quelques lignes puis classer leur œuvre selon son genre littéraire.  Des éditeurs comme Robert Laffont, Liana Levi, Payot & Rivages, Michel Lafon, Anne Carrière, l’Archipel ou Philippe Rey font partie du carnet d'adresses d'Édith et nous. La plateforme promet une assistance lors de la signature d'un contrat d'édition, si l'opportunité se présente. 

La différence, c'est l'algorithme. D'un coté les auteurs ont qualifié leurs textes avec des mots clés, de l'autre les éditeurs ont fait de même avec leurs préférences. L'algorithme met les deux face à face et repère les concordances. C'est une gare de triage. Valentin Vauchelles, l'un des fondateurs d'Edith, précise que la plateforme a été conçue pour les éditeurs, plus que pour les auteurs : "Les éditeurs vont enfin avoir une interface pensée pour eux, et d'un coup d'œil se faire une idée de ce qu'il y a dans un manuscrit". 

Après quatre mois d'existence, Édith et nous a rallié 50 éditeurs partenaires, stocké 700 manuscrits écrits par 500 auteurs abonnés. "Nous avons une approche professionnalisante. Tout le monde n'écrit pas pour être publié, et là l'autoédition convient très bien. Nous nous adressons aux auteurs qui souhaitent vraiment être publiés et aux éditeurs à l'affût de nouvelles plumes", précise Valentin Vauchelles, ravi d'annoncer qu'Edith et nous vient d'obtenir un premier contrat d'édition pour une autrice dont le texte sortira aux éditions de L'archipel en septembre 2021.  

Pour les éditeurs, l'accès à la plateforme est gratuit, mais soumis à l'approbation de l'équipe d'Édith. L'équipe se rémunère au moment de la signature d'un contrat par une somme forfaitaire payée par l'éditeur, sans amputer la rémunération de l'écrivain. 

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