Dans le centre de Marseille, il n'y a pas assez d'écoles et plus de 70 enfants attendraient toujours une place, un mois après la rentrée scolaire. Les parents se chargent eux-même de chercher un établissement.

Illustration : les directeurs d'école ont pour consigne de dépasser les quotas dans les classes.
Illustration : les directeurs d'école ont pour consigne de dépasser les quotas dans les classes. © Maxppp / Cyril SOLLIER

Trois semaines après la rentrée scolaire, 240 petits Marseillais n'étaient toujours pas scolarisés, faute de places dans les établissements. Selon les derniers chiffres, ils seraient encore plus de 70 dans cette situation.

Des écoles trop peu nombreuses dans les cinquième et sixième arrondissements

La situation est déjà tendue dans l'hypercentre de Marseille. "Sur le cinquième et le sixième arrondissement, il y a beaucoup de construction d'immeubles d'habitation, dit Claire Billès, la secrétaire académique du SNUIPP. Mais il n'est prévu aucune école et la mairie ne préempte pas certains bâtiments qu'elle pourrait préempter. Forcément quand de nouvelles familles arrivent dans ces zones en tension, ça coince."

Les directeurs d'école ont reçu des consignes claires : prendre en charge tous les enfants en attente de place, quitte à dépasser les quotas. La mairie indique qu'en septembre, près de 77 000 enfants ont fait leur rentrée dans les 444 écoles communales de la cité phocéenne.

Les parents obligés des chercher eux-même un établissement

C'est bien un déménagement qui a obligé Dominique à trouver une nouvelle école pour sa fille. Une semaine avant les vacances scolaires, en juin dernier, elle a informé l'école où était encore scolarisée sa fille, et a entrepris les démarches auprès de la mairie pour obtenir une nouvelle place. Malgré trois relances pendant l'été, le jour de la rentrée, elle n'avait toujours aucune réponse, si ce n'est de faire elle-même la tournée des établissement. "J'ai dû rechercher des places, raconte Dominique. J'ai contacté quatre écoles aux alentours. La quatrième a été la bonne."

Mais les inscriptions tardives sont de plus en plus fréquentes. Près d'un mois après la rentrée scolaire, plus de 60 demandes ont été enregistrées en une seule journée, cette semaine.

Débat mouvementé autour de la construction d'une trentaine d'écoles 

Critiquée pour ce manque de places et épinglée régulièrement pour le délabrement de certaines écoles publiques, la ville de Marseille a adopté en octobre 2017 un plan de reconstruction d'un milliard d'euros, via des partenariats public-privé (PPP). Il prévoit la destruction de 31 établissements datant des années 1960, et leur remplacement par 28 nouvelles écoles ainsi que la construction de six établissements supplémentaires d'ici six ans.

En choisissant un PPP, la mairie confie la totalité du projet, du financement à la construction, à des entreprises privées, et sera locataire pendant 25 ans des établissements. Une solution toujours vivement critiquée par l'opposition et le collectif "Marseille contre les PPP".

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