Les nouvelles épreuves de contrôle continu du bac sont perturbées depuis quelques jours dans plusieurs lycées. Or pour les élèves, une absence peut se traduire par un 0/20. Voici les règles.

Blocage du lycée Maurice Ravel à Paris, contre les épreuves d'E3C
Blocage du lycée Maurice Ravel à Paris, contre les épreuves d'E3C © AFP / Jérôme Gilles/ Nur photos

La tension ne retombe pas autour des épreuves de contrôle continu du nouveau bac, lancées il y a dix jours, avec des dizaines d'établissements bloqués chaque jour. Depuis le début, des syndicats, des professeurs et lycéens appelaient à diverses actions pour "faire barrage" au bac nouvelle formule qui va créer des inégalités, estiment-ils. Or, la règle veut qu'une absence non justifiée lors de l'examen du bac soit sanctionnée d'un 0/20.

"Dans la grande majorité des lycées, les épreuves d'E3C (épreuves communes de contrôle continu) se passent et elles se passent normalement", a déclaré le ministre Jean-Michel Blanquer, lundi. Selon lui, "les blocages concernent environ 10% des lycées. Sur ces 10%, une partie a dû avoir un report des épreuves", selon le ministre. Pour ceux qui sont volontairement absents, les règles qui s'appliquent ont été rappelées aux proviseurs par le ministère de l'Éducation nationale. Voici ce qu'elles prévoient.

Refus d'entrer dans l'établissement : 0/20

Si l’élève assume totalement d’avoir refusé de se présenter à l’épreuve, il a 0/20. Le droit de grève des lycéens n’existe pas. S’il y a des blocages qui empêchent les élèves de rentrer dans le lycée et si un élève n’a pas pu être présent, c’est au chef d’établissement d’apprécier, et à lui seul. 

Évidemment, si l'élève n'a pas pu se rendre à l'épreuve en raison d'un cas de force majeure, il est excusé. Il s’agit des cas classiques : maladie, accident (certificats médicaux à l'appui), décès dans la famille (certificat de décès pour justifier).

Refus ou peur d'entrer : le chef d'établissement apprécie

En cas de manifestation importante et d'agitation, les personnels de l'établissement sont supposés discerner ceux qui refusent délibérément d'entrer dans le centre d'examen. Cette appréciation est supposée être la plus objective possible, mais ce pouvoir d'appréciation et les décisions qui en découlent sont critiqués par les élèves.

Tima, lycéenne à La Rochelle constate que le 20 janvier, lors du blocus de son lycée avant l'épreuve d'histoire, les élèves ont manifesté, mais tous n'ont pas eu 0/20. Elle se demande sur quels critères certains ont écopé d'un zéro, et d'autres non. "J'ai reçu une lettre disant que j'avais été identifiée par les personnels de l'établissement. Moi, j’assume avoir manifesté mais nous ne sommes que 15 à avoir été pénalisés et d’autres élèves qui ont été vus à la télé, ont été acceptés au rattrapage. Pourquoi ? "

Florence Delannoy, secrétaire générale adjointe du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale, explique que chaque situation est appréciée, selon les établissements, et les jours d'examens. "Tout dépend des établissements, au regard de chaque journée d’examen concernée. C'est une appréciation au cas par cas".

Impossibilité de franchir le blocage : report de l'épreuve

Si l’élève explique qu'il a eu peur de rentrer ou qu'il a été empêché d’accéder à la salle, le proviseur peut décider de donner une seconde chance et peut reprogrammer l’épreuve pour ces élèves. Il prévient les familles. L’élève reçoit une nouvelle convocation. Mais c’est à l’appréciation du chef d’établissement. 

Le ministre Jean-Michel Blanquer a assuré que le gouvernement s'organise pour que ces reports puissent avoir lieu avant les vacances.

Un groupe significatif d'élèves absents : report de l'épreuve

Si un nombre important d'élèves sur l'ensemble d'une classe, un quart ou un tiers par exemple, étaient absents, alors c'est la règle de l’impossibilité qui s'applique. Le chef d'établissement donne un nouveau rendez-vous au groupe.

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