Comme l'an dernier avec le premier confinement, le lancement des cours à distance mardi 6 avril n'est pas une réussite. De nombreux élèves et professeurs ont été confrontés à de gros soucis techniques.

Une petite fille en plein travail à la maison.
Une petite fille en plein travail à la maison. © Radio France / Clément Lhuillier

Le retour de l'école à la maison n'est pas de tout repos. Mardi 6 avril, de nombreux bugs perturbent les classes à distance. L'accès aux ENT, environnements numériques de travail, est difficile voire impossible dans au moins six régions selon le syndicat Snuipp-FSU. À cela, il faut ajouter des "attaques informatiques" selon le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer. 

Serveurs surchargés

Dès les premières heures de classe à distance, les serveurs n'ont pas supporté les millions de connexions simultanées, ce qui a causé de gros problèmes pour les ENT, qui permettent d'accéder à une messagerie sécurisée, de mettre des documents à disposition des élèves, et des liens pour se connecter par visioconférence. C'est pourtant l'outil privilégié par l'Éducation nationale. Ces ENT sont utilisés par tous les collèges et lycées, ainsi que par certaines écoles. "Ces problèmes sont liés aux prestataires qui ont rencontré des difficultés techniques dues à la forte surcharge des infrastructures", précise le ministère de l'Éducation nationale qui rejette la faute sur l'hébergeur OVH dont le site de Strasbourg a été victime, début mars, d'un incendie provoquant la panne de milliers de serveurs. OVH donc n'aurait pas su faire face à l’afflux de connexions ce mardi matin. "C'est un contre-feu" répond l'accusé principal OVH, qui décline toute responsabilité sur le plantage de ce mardi matin. Michel Paulin, son PDG, réplique d'ailleurs en personne dans un tweet. Certaines des régions affectées, écrit-il, ne sont pas hébergées chez OVH. Aucune raison, donc pour lui, que la société soit mise en cause.

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"J'ai passé une partie de mon week-end à préparer le travail pour cette semaine à distance, raconte Philippe, enseignant en collège à Nantes . J'ai reçu un message qui indiquait que l'ENT était saturé et que ça ne marchait plus. J'ai ressenti de la colère parce que je trouve ça scandaleux que le ministère dise partout qu'on est prêt, mais que finalement rien n'a été fait pour assurer une montée en charge prévisible cette semaine."

Même colère du côté des syndicats de parents d'élèves. "Jean-Michel Blanquer parle de dysfonctionnement et blâme les opérateurs des ENT. N'est-ce pas plutôt un manque d'anticipation et d'investissements ?", interroge sur Twitter la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) de Paris.

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Le Cned visé par des cyberattaques

Pour compliquer un peu plus la situation, le site du Cned (Centre national d'enseignement à distance) et son outil "Ma classe à la maison", a de son côté été victime d'attaques informatiques "apparemment venues de l'étranger" selon le ministre de l'Éducation. Jean-Michel Blanquer assure que "ça ne touche pas tout le monde partout". D'après le ministère, ce ne sont que des "perturbations" et 150 000 classes ont tout de même pu avoir lieu ce mardi matin. Sauf que beaucoup de professeurs n'utilisent pas cet outil et ont privilégié les cours via les ENT inutilisables. 

Malgré des lenteurs, élèves et professeurs ont tout de même pu se connecter, précisait le ministère, dans un communiqué, à la mi-journée.

Alors à qui la faute ? Selon nos informations, émanant d'un cadre à l'éducation nationale, le référentiel de connexions pour cette semaine a été calqué sur celui de 2020, lors du premier confinement. Époque où le nombre de ces connexions était à priori bien moins important qu'aujourd'hui.

Une journée donc avec comme un air de déjà vu, un an après le premier confinement. Au printemps 2020, il avait fallu plusieurs jours pour rétablir les connexions. Cette fois, il vaut mieux que ce soit plus rapide, car les congés débutent vendredi 9 avril au soir... et si les soucis techniques persistent, les enfants pourraient se croire en vacances avant l'heure.