La mobilisation contre la réforme du lycée ne faiblit pas, malgré la période des vacances scolaires. Dans plusieurs établissements, les professeurs ont décidé de mettre 20 sur 20 à leurs élèves pour bloquer le processus d'orientation par les notes.

Par signe de protestation, tous les élèves sont notés 20 sur 20
Par signe de protestation, tous les élèves sont notés 20 sur 20 © Maxppp / THIERRY BOUGOT / PHOTOPQR / REPUBLIQUE DU CENTRE

Au lycée Sophie-Germain, en plein cœur de Paris, les professeurs ont choisi leur mode d’action pour lutter contre la réforme du lycée.  Le projet prévoit notamment l’instauration dès la rentrée de septembre d’un système d’options à la carte, à la place des filières S, L et ES. Ainsi, dans cet établissement réputé de la capitale, les élèves verront leur moyenne grimper à 20 sur 20. Une décision qui n’est pas anodine, puisqu’elle a pour conséquence le blocage des processus d’orientation qui se basent sur… les notes des élèves. 

Les vrais résultats communiqués aux élèves

En réalité, les “professeurs en colère” donnent leurs vraies notes aux élèves mais refusent qu’ils soient sélectionnés par les notes pour le choix des spécialités. “Cela va gripper le système au moment des conseils de classe, explique l’une des professeures du lycée. En face de nous, la direction, le rectorat, ont vraiment besoin d’avoir une hiérarchie des élèves par la note. Avec cette action là, nous bloquons leur organisation administrative”. 

Les parents ne se disent pas forcément convaincus par ce mode d'action, en revanche beaucoup d'élèves soutiennent les professeurs qui s'opposent à la réforme du lycée. C’est le cas de cette jeune fille, interrogée par France Inter : “Les profs ont trouvé un moyen, qui n’est peut-être pas le meilleur mais qu’ils n’ont pas essayé donc qui va peut-être marcher. L’Education Française tient beaucoup aux notes, donc jouer là dessus va peut-être marcher. Si on a tous 20, il va peut-être falloir faire quelque chose”.

D'après un vote organisé dans ce lycée, 91% des professeurs se sont prononcés contre la réforme qui doit s'appliquer à la rentrée. 

Pas le premier lycée

Ce n’est pas le premier établissement à prendre cette décision. Ouest-France relatait par exemple l’initiative des professeurs du lycée Jean-Perrin, à Nantes. De nouveaux moyens de protestations que recense aussi Libération. Le quotidien raconte la situation des élèves du lycée Henri-Matisse de Vence, dans les Alpes-Maritimes où les enseignants font là de la rétention de notes ; ils les ont supprimées du logiciel de saisie des bulletins. Ailleurs, ce sont aussi les professeurs principaux qui ont fait le choix de démissionner. 

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