Selon la Société Française de Pédiatrie, l'école ne serait pas la cause mais le reflet de la situation. Emmanuel Macron s'est tout de même résolu à fermer les établissements scolaires à partir du 5 avril.

Un médecin montre les gestes barrières à des élèves d'une école parisienne, le 23 novembre 2020.
Un médecin montre les gestes barrières à des élèves d'une école parisienne, le 23 novembre 2020. © AFP / Anne-Christine Poujoulat

"C'est la solution la plus adaptée pour freiner le virus", a finalement déclaré mercredi soir Emmanuel Macron dans son allocution aux Français. La sanctuarisation de l'école, érigée depuis des semaines en principe immuable par le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, n'a pas tenu. À partir du lundi 5 avril, les établissements scolaires vont fermer pour trois semaines, avec une semaine de cours à distance pour les élèves et deux semaines de vacances communes aux zones A, B et C. Les collèges et lycées resteront même fermés une quatrième semaine. Alors que les études restent partagées sur l'efficacité de telles mesures et sur le rôle de l'école dans la chaîne de transmission du Covid-19. 

"La semaine prochaine, les cours pour les écoles, collèges et lycées se feront à la maison", Emmanuel Macron.

Au printemps 2020, le professeur Arnaud Fontanet pensait que les enfants ne se transmettaient pas le virus entre eux, ni aux enseignants ou autres encadrants. Chercheur à l'institut Pasteur, il venait de mener une étude dans les écoles de Crépy-en-Valois (Oise), épicentre des premières contaminations. Un an plus tard, on constate qu'il y a de plus en plus d'enfants positifs, mais c'est en partie parce qu'ils se font plus tester. Pour les scientifiques, c'est parce que le variant britannique du Covid-19 circule partout que le virus est très présent dans les écoles. La Société Française de Pédiatrie estime en fait que les écoles ne sont pas la cause mais le reflet de la situation. 

Le surrisque d'être contaminé par un adolescent 

Toutefois, si les enfants de moins de 11 ans sont généralement asymptomatiques et peu transmetteurs du virus, les 11-18 ans ont un rôle quasi-équivalent à celui des adultes dans cette épidémie, selon les études. Avoir un collégien ou un lycéen à la maison, c'est 30% de risque en plus d'être contaminé. Puisqu'"il faut freiner le virus", tout est bon à prendre pour le chef de l'État. Après avoir fermé les centres commerciaux et les salles de spectacles, après avoir encouragé le télétravail et limité les déplacements, la carte des écoles était à jouer en "dernier recours", selon l'exécutif. Le président de la République s'y est résolu. Et au vu de la situation, même si cela n'aboutit qu'à une baisse de 10% des contaminations, ce sera déjà un impact majeur pour le gouvernement.