La question est sensible. Pour en parler, les enseignants n'ont pas toujours accès aux dernières connaissances et, depuis les attentats, le sujet de l'antisémitisme resurgit. Alors, certains d'entre eux ont décidé de se former.

Professeurs de collèges et lycées, ils ont assisté à des conférences et des visites, au Mémorial de la Shoah
Professeurs de collèges et lycées, ils ont assisté à des conférences et des visites, au Mémorial de la Shoah © Radio France / Vincent Pfrunner

L'école est finie, mais 105 professeurs de collèges et lycées se sont portés volontaires pour s'asseoir à nouveau sur les bancs d'un amphithéâtre, pendant leurs vacances. Six jours pour apprendre à enseigner l'histoire de ce génocide, au Mémorial de la Shoah. La formation est très demandée, car certains professeurs éprouvent des difficultés à aborder le sujet avec leurs élèves.

C'est le cas de France Calvetti, au lycée Jean Monnet à Montpellier. Depuis quelques années, elle constate qu'"il est de plus en plus difficile de faire passer ce message de la déportation des Juifs et de la Shoah", notamment "dans la communauté musulmane" de son établissement. 

On essaye de casser cette fascination du mal.

"Il y a une espèce de crispation vis-à-vis du sujet", analyse l'enseignante qui regrette de n'avoir pu se rendre à Izieux - où s'est déroulée une rafle, en avril 1944 - "parce qu'une partie de la classe refusait". Un "blocage" que France Calvetti ne va pas jusqu'à qualifier d'"antisémitisme".

Même s'ils ne rencontrent pas toujours ce type de réticences, ce point du programme reste très particulier pour les élèves. Le moment est "tellement fort qu'ils fantasment devant cette question", s'étonne Benoît Mainguy. Au collège Guillaume Budé, à Yerres (Essonne), il s'efforce donc d'expliquer _"le plus historiquement possible, avec des faits et des témoignages_, ce qu'il s'est passé" pour tenter de "casser cette fascination du mal".

Un manque de formation des professeurs

Expliquer les processus qui mènent à un génocide pour enseigner l'histoire de la Shoah... Une vision que partage Iannis Roder. Mais, selon le responsable des formations au Mémorial de la Shoah, les enseignants ne sont pas toujours parés pour répondre aux questions des élèves. Si le thème est "omniprésent dans le champs politico-médiatique", la formation universitaire est, paradoxalement, "pratiquement inexistante"

Une fois diplômés, les professeurs n'ont souvent eu comme apprentissage sur l'histoire de la Shoah "_que les cours de terminale"_. Par ailleurs, les connaissances les plus récentes sur le sujet ne leurs sont pas toujours accessibles. Certains ont donc profité de cette formation pour se munir de documents et de références. Des outils pédagogiques qui leurs seront utiles dans leurs classes, dès l'année prochaine.

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