Les cartables et les trousses sont déjà au rendez-vous dans les supermarchés, histoire de rappeler que l'été n'est qu'une parenthèse. Cette rentrée 2020 pourrait être assez inédite, avec des parents qui télétravaillent et restent à la maison… et des enfants qui, eux, se mettent au vert, pratiquant l'éducation tactique.

A la recherche, en groupes, des insectes qui peuplent les forêts
A la recherche, en groupes, des insectes qui peuplent les forêts © Getty / wundervisuals

Chaque jour, Elodie Font reçoit dans son émission, "Chacun sa route", des chroniqueurs. Lundi, c'était Armelle Auger, journaliste à We Demain.

"L'éducation tactique", cela veut dire qu'on profite d'une situation exceptionnelle pour faire bouger les lignes en mieux. Un collectif de chercheurs et d'enseignants appelle en effet profs et enfants à refuser à la rentrée, d'être confinés entre quatre murs, covid ou pas covid. "Et si on faisait la classe dehors ?" proposaient-ils en mai dernier dans une tribune publiée dans le journal Le Monde

Le message a été reçu 5/5 : "Pourquoi ne pas mettre à disposition de nos écoles, jardins, terrains de foot et autres espaces verts municipaux ?" se demandent des édiles. "Et si on végétalisait la cour de l'école avec un potager pour faire du jardinage ?" proposent des enseignants convaincus des vertus éducatives du plein air. 

L'école dans la nature, ce n'est pas si nouveau

Pour ces rétifs à l'enfermement, l'école dans la nature n'est pas seulement une parade aux contraintes du confinement, mais un mode d'apprentissage à part entière comme il l'est dans les pays scandinaves, en Allemagne, en Suisse ou au Canada. 

En France, on est un petit peu en retard. Il y a bien eu quelques précurseurs… par exemple, Alexandre Dumas : 

Si je gouvernais la France, les enfants n'entreraient pas en ville avant 12 ans. Ils seraient à l'air pur, au soleil, dans les bois et les champs, en compagnie d’animaux, pour fortifier le corps, poétiser l'esprit et éveiller la curiosité.

Il avait tout compris. Reste que malgré ces quelques visionnaires, l'école dehors a longtemps été assimilée à l'école buissonnière. Sympa, mais pas très sérieuse. 

L'idée d'apprendre avec et par la nature semble (enfin) intégrer la communauté éducative

Avec, pour la rentrée, un grand nombre de projets d'ouverture de "Forest School", des expérimentations dûment validées par l'Education nationale et même des "moocs" destinés à la formation des enseignants. 

Parce qu'"on ne peut pas grandir corporellement, intellectuellement, le cul sur une chaise, sans accès au soleil et à l'espace", comme l'explique Louis Espinassous, un éducateur qui se bat depuis des lustres pour promouvoir l'école dehors. 

Apprendre au milieu des bois et des champs serait en effet bon pour la santé physique et mentale

Le syndrome de manque de nature (dûment authentifié par nombre d'études) serait responsable de troubles comme l'obésité, l'asthme, la dépression, des retards du développement moteur et des aptitudes sociales (liste non exhaustive). Sans oublier le redouté HDA, ce trouble de l'hyperactivité avec déficit de l'attention, véritable fléau des salles de classe. 

Permettant d'acquérir compétences physiques, cognitives ou sociales, la nature serait en fait le lieu de l'éducation intégrale, idéale pour prendre confiance en soi, collaborer avec les autres, mais aussi apprendre autrement, mieux, en transformant la relation sachant-apprenant, la géométrie, la grammaire, les sciences naturelles et toutes les matières possibles. 

Une école citoyenne dans la nature, valorisant l'interdépendance entre l'homme et la planète

Quand on vit avec la nature, on a envie de la protéger. On œuvre donc pour le développement durable et la transition écologique qui sont inscrites depuis peu sur la feuille de route de l'Éducation nationale. 

Il est largement temps que l'école fasse sa révolution verte. 

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