Alors que le gouvernement doit annoncer un plan pour relancer l'attractivité de la France auprès des étudiants, les universités se demandent comment accueillir toujours plus d'élèves, sans moyens supplémentaires. L'une des solutions pour y parvenir : augmenter les frais des étudiants non-européens.

Étudiants de l'université de Cergy-Pontoise
Étudiants de l'université de Cergy-Pontoise © Maxppp / Bruno Levesque

Les universités françaises sont dans le rouge. Avec 38 000 étudiants supplémentaires l'an dernier, et 40 000 cette année, les budgets ne suivent pas, explique Hervé Christofol, secrétaire général du Snesup (syndicat national de l'enseignement supérieur). "Le ministère n'a donné aucun euro supplémentaire aux établissements qui avaient vu croître leur nombre d'étudiants. Donc, pour accueillir à budget constant, ça veut dire qu'il faut parfois supprimer des parcours, voire des formations pour faire des économies, et regrouper des étudiants dans des amphis toujours plus importants."

"Ça ne favorise ni la réussite des étudiants, ni les conditions de travail du personnel" - Hervé Christofol

Université de taille moyenne, celle du Mans, notamment, peine à équilibrer son budget. "Beaucoup de projets de développement ne peuvent pas être conduits par manque de moyens", regrette son président Rachid El Guerjouma. "Mais il est vraiment admis de tous, y compris, je pense, du ministère, que le financement des universités n'est pas à la hauteur des enjeux, et ce depuis pas mal d'années."

L'inscription plus chère pour les étudiants étrangers ?

Quelles solutions alors ? Au sein des universités, de nombreux responsables et personnels estiment qu'un réengagement de l'État est nécessaire. Mais le gouvernement pourrait procéder différemment. Dans le cadre des rencontres universitaires de la Francophonie qui commencent ce lundi à Paris, il devrait proposer une réforme des droits d'inscription dans les universités pour les étudiants extra-communautaires (hors Union Européenne). Cela concernerait 100 000 personnes, environ un tiers des étudiants étrangers accueillis chaque année.

Là où ces étudiants hors-UE paient aujourd'hui des frais classiques, ils pourraient à l'avenir payer des frais plus élevés, de l'ordre d'un tiers du coût réel. Et, contrairement à ce que l'on pourrait croire, cela pourrait bien rendre de l'attractivité à nos universités.

Les coûts élevés, synonymes de qualité pour certains parents

Selon Patrick Courrilleau, vice-président de l'université de Cergy-Pontoise, les frais peu élevés en France ont parfois un effet repoussoir, notamment pour les Asiatiques. "Certains parents nous disent : 'Mais ce n'est pas possible que vous arriviez à faire tout cela en nous demandant aussi peu.' Des parents pas rassurés par ce coût modique. C'est une réalité évidente, hors Europe."

"À partir du moment où la formation est quasiment gratuite, on a l'impression que c'est une formation qui ne doit pas avoir beaucoup de valeur." - Patrick Courrilleau

Le vice-président est donc plutôt partisan de cette approche, d'autant que le nombre d'étrangers accueillis dans nos universités a baissé de 8,1 % entre 2010 et 2015. Cette nouvelle stratégie pourrait donc permettre d'inverser la tendance, même si la FAGE, premier syndicat étudiant, ne partage pas l'argument. Selon elle, ce ne sont pas les frais d'inscription qui expliquent les problèmes d'attractivité de la France, mais avant tout les complexités administratives auxquelles doivent faire face les étudiants étrangers.

D'où viennent nos étudiants étrangers ?

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