Ni crèche, ni école, les jardins d'enfant accueillent environ 10 000 enfants entre deux et six ans. Avec la mise en place de la loi sur "Pour une école de la confiance" d'ici 2021, ils pourraient disparaître.

Les jardins d'enfants, victimes collatérales de la loi Blanquer ?
Les jardins d'enfants, victimes collatérales de la loi Blanquer ? © AFP / FRANK PERRY

Depuis plus d'un siècle, ces petites structures, relativement méconnues, existent. Ce ne sont pas des écoles ou des crèches mais elles peuvent accueillir des enfants dès deux ans. Ce ne sont pas les professeurs qui s'occupent de ces structures mais des éducateurs de jeunes enfants qui ne dépendent pas de l'Éducation nationale. 

Pourtant c'est bien une réforme de ce ministère qui menace l'existence même de ces jardin d'enfants. C'est en tout cas ce que craignent les représentants de la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants. 

Menacés directement d'ici deux ans

Selon eux, les jardins d'enfants sont menacés directement d'ici deux ans. C'est une conséquence du projet de loi Blanquer "Pour une école de la confiance" et un motif de contestation supplémentaire. 10 000 enfants fréquentent ces établissements à mi-chemin entre la crèche et l'école maternelle. Les jardins d'enfants sont des structures associatives ou municipales qui existent depuis 100 ans. Mais, conséquence de l'instruction obligatoire à trois ans, tous les enfants devront intégrer une école maternelle. 

Les jardins d'enfants ont obtenu une dérogation pour continuer à fonctionner pendant deux ans mais ensuite ils disparaîtront. Les personnels sont inquiets et à Paris, tous les jardins d'enfants seront fermés ce mardi pour cause de grève. 

Des éducateurs pas des professeurs

Pour illustrer le travail de ces équipes, France Inter vous propose une petite plongée dans l'une de ces structures, au jardin d'enfant Marcadet, dans le 18e arrondissement, chaque enfant a un instrument de musique. Ce serait impossible de laisser les enfants découvrir les instruments de musique à 30 par classe dans une école maternelle. Ici, ils ne sont pas plus de 20 enfants.

13 % d'enfants en situation de handicap

Sébastien Péna est le directeur de ce jardin d'enfants : "Nous n'avons pas la même formation que les professeurs de écoles. On a une formation de 3 ans après le bac sur la psychopédagogie, le développement de l'enfant et les pédagogies qu'on appelle actives dont la plus connue est celle de Montessori. L'idée est de mettre l’enfant au centre de son processus de développement. On part vraiment de l'enfant."

Au jardin d'enfant Marcadet, dans le 18e arrondissement de Paris
Au jardin d'enfant Marcadet, dans le 18e arrondissement de Paris © Radio France / Sonia Princet

Ici les éducateurs font du sur-mesure et accueillent 13 % d'enfants en situation de handicap ou encore des enfants qui arrivent tout juste en France. Emilie Astruc a découvert le jardin d'enfant de son quartier par hasard, ses trois enfants y sont allés.

"Ce sont des petites structures plus à échelle humaine. Il y a des choses assez étonnantes, des gens avec qui on discute et qui nous disent par exemple, à l'école maternelle, il n'arrivait pas à s'adapter. Mais pourquoi ? Cet enfant parle très bien, il est très éveillé. En fait, il n'était pas propre, on l'obligeait à ne pas mettre de couches et du coup il était mal à l'aise parce qu'il savait qu'il allait se faire pipi dessus. Donc il pleurait tous les matins pendant des mois."

Les jardins d'enfants fonctionnent comme une crèche, les parents payent en fonction du quotient familial. S'ils se transforment en petite école privée, il n'y aura plus la même mixité sociale.

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